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La notion de Développement durable

Analyse effectuée par le CIRAD - 42 rue Scheffer 75116 PARIS

 

 

Plusieurs définitions sont exposées, extraites de divers auteurs cités ici par ordre alphabétique. Pour chacune, on a cherché quel modèle implicite sous-tend la définition.


INDEX

Allen Robert - Aubry et Rau - Barbier Edward, B - Michel Beaud - Willelm C. Beets - Gérard de Bernis - G.L Brady, P.C.F. Geets - Brown Lester, Becky J. - Bruntland Report - Bruntland Definition of Sustainable Development - Carley Michael - CGIAR 1987 - Clark C.W, Munn R.E. - C. Coméliau - Coomer James C. - Daly Herman - Gordon Conway and Edward B. Barbier - Gordon Conway and Edward B. Barbier (2) - Gordon Conway and Edward B. Barbier (3) - Godard O. - Goodland R., Ledec G. - Hatem F. - Howe Charles W. - Serge Latouche - Serge Latouche (2) - Markandya A. , Pearce D. - Pearce D. - Pearce D., Barbier E, Markandya A. - Pezzey J. - Per Pinstrup Andersen - Pirages D. - C. Reijntjies, B. Haverkort, ZA Waters-Bayer - Redclift Michael - Repetto R. - Solow R. - Ignacy Sachs - Ignacy Sachs (2) - Ignacy Sachs(3) - A. Sfeir. Younis - Ismail Serageldin - Tietenberg T.H. - Wold Bank


Plusieurs tendances sont perceptibles à la lecture des différentes définitions :

Maintenir un niveau pour les générations futures

La plupart font référence à la définition du rapport Bruntland et tendent à " maintenir un niveau " pour certaines variables-objectifs pour les générations futures.

Il peut s'agir :

Pour certains , le raisonnement est fait en termes de stocks : ne pas réduire le stock actuel. Pour d'autres en termes de gestion de flux : maintenir un flux satisfaisant.

Maintenir un taux de croissance

Certaines définitions résument le développement soutenable au fait de maintenir de façon monotone la croissance d'une variable (le PNB) ou d'un vecteur d'objectifs. Pour cela, il faut assurer aux agents économiques un environnement favorable, " rendre le futur prévisible ".

Simplement assurer l'optimum intemporel du bien-être

En conditions parfaites de marché, notamment avec une connaissance parfaite des risques environnementaux, les acteurs orientent leurs choix selon l'optimisation de leur bien-être. L'optimum social est aussi optimum du point de vue de l'environnement quelle que soit l'échéance.

Certains auteurs se référant au modèle néo-classique ajoutent pourtant des conditions :

La résilience permanente

La " sustainability " est définie comme capacité de résistance aux chocs extemes en permanence, ce qui assure la survie (au minimum), et éventuellement permet la croissance et le développement car celle-ci n'est pas remise en cause. Elle est à l'abri d'une catastrophe (au sens évolution brutale).


Allen Robert (1980) How to save the world. Bames and Noble Books. Totowa - New Jersey

  1. "Sustainable utilization is a simple idea : we should utilize species and ecosystems at levels and in ways that allow them to go on renewing themselves for all practical purposes indefinitely. "
  2. " The importance of ensuring that utization of an ecosystem or species is sustainable varies with a society's dependence on the resource in question. For a subsistance society, sustainable utilization of most, if not all its living resources is essential... The greater the diversity and flexibility of the economy, the less the need to utilize certain resources sustainably, but by the same token the less the excuse not to ".
  3. " ... it is essential ... to ensure that ... people protect those parts of the biosphere that need protecting and modify the rest only in ways that it can sustain. "
  4. " sustainable development -development that is likely to achieve lasting satisfaction of human needs and improvement of the quality of human life ".

Modèle implite: Modèle de Scheffer. Référence à un rendement soutenable.


Aubry et Rau (1836) La gestion en bon père de famille

Pour Hurnbert et Leveuvre (1992) l'école française a hérité d'une notion de patrimoine naturel qui vient de la notion de patrimoine qui désigne une totalité de biens appropriés et gérés en "bon père de famille". Cette notion a été élaborée en France par Aubry et Rau en 1836 et introduite dans le Code Civil à propos de l'usufruit. La gestion " en bon père de famille " prend en compte l'avenir car elle impose au gestionnaire de ne pas dégrader les biens gérés, de les conserver et si nécessaire de réparer.

in D.Deybe. Politiques pour une agriculture durable- Essai sur la gestion de ressources naturelles renouvelables. Thèse de doctorat- Paris 1.


Barbier Edward, B. (1987). The Concept of Sustainable Economic Development Environmental Conservation 14(2)-l01-110.

" ... the concept of sustainable economic development as applied to the Third World... is therefore directly concernend with increasing the material standard of living of the poor at the 'grassroots' level, which can be quantitatively measured in terms of increased food, real incole educational services, health-care, sanitation and water supply, emergency stocks of food and cash, etc., and only indirectly concemed with economic growth at the aggregate, commonly national, level. In general terms, the primary objective is reducing the absolute poverty of the world's poor through providing lasting and secure livelihoods that minimize resource depletion, environmental degradation, cultural disruption and social instability.

Modèle implicite : La soutenabilité est liée à la réduction de la pauvreté. L'auteur ne précise pas si les raisons pour lesquelles la pauvreté est " insoutenable ", raisons éthiques ou politiques.


Michel Beaud. Face à la croissance mortifère, quel développement durable ? Tiers Monde XXXV 137. 1994, p. 143

Dans une approche humaniste, le seul développement soutenable qui vaille doit être conçu dans un esprit de responsabilité tant par rapport aux grands problèmes sociaux de notre temps, que par rapport au devenir de nos sociétés.

Le développement à mettre en oeuvre doit donc être autant "responsable" que " soutenable ". Si l'on va au bout de ses implications, le "développement soutenable" pourrait prendre deux formes majeures :

- la première est celle d'un développement humain sans croissance; c'est en quelque sorte le rejet radical, post-soixante-huitard de la croissance; mais comment le proposer compte tenu de l'importance des aires de pauvreté insupportable des pays riches, et des immenses aires de pauvreté, de misère, de dénuement, voire de manques absolus qui caractérisent le Tiers-Monde ? L'" état stationnaire " évoqué en son temps par J.S. Mll était pour lui l'aboutissement normal de la croissance : d'une croissance qui aurait permis de faire face à tous les besoins essentiels mais nos croissances, au contraire, ont créé ensemble satisfactions et besoins, richesses et pauvretés. Et les pauvretés choisies et assumées, prônées aussi bien par le bouddhisme que par Sénèque ou Gandhi, ne peuvent en aucun cas devenir une manière de faire accepter les pauvretés subies et dégradantes que connaissent des effectifs croissants d'hommes et de femmes;

- resté donc la piste d'une croissance non dangereuse pour les équilibres vitaux de la planète dans cette perspective, le " développement soutenable " signifie que se mettent en place, avec l'objectif de mieux répondre aux besoins essentiels des homrnes d'aujourd'hui et de demain des modes de production et de vie avec des prélèvements nuls ou infimes de ressources non renouvelables et des rejets nuls ou infimes d'éléments non recyclables dans les processus de la nature.


Willelm C. Beets

Sustainability can be defined as the ability of a system to maintain productivity in spite of large disturbances such as repeated stress or a major pe=bation (Kepas 1983).

Modèle implicite : Phénomène de résilience, homéostasie ?


Gérard de Bernis. Développement durable et accumulation. Tiers Monde XXXV. 137, 1994. P. 97.

On ne fera pas ici de sémantique, on ne se demandera pas non plus si l'adjectif " durable " (soutenable) apporte quoi que ce soit aux définitions classiques du développement, tenons compte de l'air du temps et parlons comme tout le monde. La définition que Maurice Byé donnait du développement en 1960 en faisait déjà un processus de long terme et surtout irréversible : " La transition d'une structure à productivité par tête relativement faible à une structure à productivité par tête relativement plus haute " ; pour ceux qui auraient été tentés de mettre une limite à ce processus, il précisait: " Une économie est pleinement développée quand sa structure est telle que la productivité par tête y est aussi haute qu'elle peut l'être compte tenu des ressources nationales et mondiales et des connaissances techniques disponibles. " Et, pour être sûr d'être compris, il complétait : "Dans le cas connus, nous parlons d'une économie sous-développée." Bien entendu, "durable" ne renvoie pas à long, mais à irréversible. En ce sens, quel que soit l'intérêt des expériences passées en revue, le fait est que le processus de développement de pays comme l'Algérie, le Brésil, la Corée du Sud, l'Inde ou le Mexique ne s'est pas avéré "durable" (soutenable): les contradictions non maîtrisées ont balayé les résultats des efforts accomplis, et conduit à la régression.


G.L Brady, P.C.F. Geets. Sustainable Development: The challenge of implementation. Joumal of Sustainable Development Economics. 1994, 189-97.

Sustainable development, a neo-Malthusian concept, intertwines social and economic goals with the argwnent that with increased population there is less wealth per person (Meadows, 1972 Hardin, 1974; Ehrlich and Ehrlich, 1990.

The neo-Malthusians argue that increased population leads to depletion of non-renewable resources and consequently a degraded enviromnent. Malthus, a parson, did not believe that either birth control or famine could save civilization from overpopulation. In the Maithusian model population increases geometrically and food increase arithmetically - which irnplies that there will be constant famines. In the huntergatherer stage of the development of civilization, man imposed no excessive demands on the environinent. The space was wide and man was widely dispersed. As a conséquence, man moved on and damaged resources recovered due to the lack of continuing insults, i.e. humans did not violate the 'carrying capacity'.

The neo-Malthusians also argue that the fruits of industrialization and population growth lead to a situation in which widespread ecoogical disruption will prove disastrous for humnity. Such arguments are simple and easily understcod to triose swayed by emotion and with a crisis mentality rather than on of logic. The argument is that with more people, that is less wealth per person. A large population implies an increased use of resources which will eventually lead to a shortage. The neo-Malthusians purpose that the loss of life-sustaining environrnental resources could results in a holocaust (l.e. the 'bang'), or it could manifest slowly, and painfully choke out life as a cumulative result of the problems caused by ovmopulation (the 'whimper').

The central message of the Cornucopians reste on the faith that technology can ocercome the limitations envisioned by population growth (Simon, 1990; Mann, 199) ". They argue that with the occurrence of population growth, the invreased demand will increase prices of naturel resources, triggering the search for new supplies. Eventually new sources and substitutes for the services that the resources provide will be found and humanity will be better off. It is a simple economic argument, but one that has ot caught on among the population policy experts'that have attempted to dominate publid opinion.

The neo-Malthusian model places the responsibility on the industrialized nations to provide the least developed countries with an economic grow-th rate and improvement in environmental quality that is in 'addition' to any financial support for economic developrnent- The ten-ne 'additionality' has come to refer to transfers to the Third World that are in addition to transfers earmarked for the use for specific programmes, called 'conditionality' (Brady, 1991).


Brown Lester, Becky J. (1987). Global Sustainability : toward définition - Environmental management 11(6). 713-719.

" In the narrowest sense, global sustainability means the indefinite survival of the human species across all the regions of the world. A broader sense of the meaning spécifies that virtually all humans, once born, live to adulthood and that their lives have quality beyond mere biological survival. Finally the broadest sense of global s bility includes the persistance of all components of the biosphere, even those with no apparent benefit to humanity. "

Modèle implicite: Conservationnisme : maintenir l'espère humaine, plus largement avec de bonnes conditions de vie, et encore plus largement maintenir la bioshpère et tous ses composants.


Bruntland Report (Gro Harlem Bruntland (WCED, 1987).

Sustainable Development :

First, it requires the élimination of poverty and deprivation. Second, it requires the conservation and enhancement of the resource base which alone can ensure that the elimination ofo the poverty is permanent. Third, it requires a broadening of the concept of development so that it covers not only economic growth but also social and cultural development. Fourth, and most important, it requires the unification of economics and ecology in decision making at all levels.

Modèle implicite : Contrainte : les générations actuelles ne doivent pas compromettre la capacité des futures à subvenir à leurs besoins (notion de risque). Conception non conservationniste mais gestionnaire des écosystèmes.


Bruntland Definition of Sustainable Development (1987)

"Development that meets the needs of the present without compromising the ability of future generations to meet their own needs."


Carley Michael. Policy Management Systems and Methods of Analysis for Sustainable Agriculture and Rural Development FAO-IIED

Sustainable Development as a Decision-Making Process

A major step forward is to establish operational targets and re-direct policy-making, management, participation and monitoring in such manner that décisions by govemment, business and other beholders contribute to sustainable development rather that to the problems themselves.

The human element in susuinable develoopment can be seen as: 'A continuing process of management and médiation arnong social, economic and biophysical needs which results in positive socio-economic change which does not undermine the ecological and social systems upon which communities and societies are dépendent. Its successfui implementation requires integrated policy, planning and social learning processes; its political viability depends on the full support of theh people it affects through their govermnents, social institutions and private activities linked together in participative action' (Carley and Christie, 1992).

From this perspective, the p of achieving sustainable development will always precede the product

The following items of 'baggage" are needed for that joumey:

Improved management systems may need to bc complemented by institutional development at ail levels. Keeping in mind that institutions are " an arrangement that brings individual action into harmony with dm collective interes" and 'mechanisms for collective action " (Banuri and Holmberz, 1992); implies that policy decisions either promote sustainability or do not : the foromer promotes positive action while leaving options open for future adjustment or change. Later, this is discussed in terms, of adaptive management.

The essentiel goals of SARD are identified in the den Bosch Dectaration as : food security, employment and income generation to eradicate world poverty, and naturai resource conservation.

This section proposes a framework which ca-n assist in analysing SARD issues, and "framing" the required monitoring and évaluation of programmes. In outline fashion, the framework links on-fann management issues with local, regionai and national issues. There is substantiel literature on SARD which is not reviewed here (e.g. Pretty et al, 1993; Conway and Barbier, 1990, FAO, 1991 a,b,c,d).

Whether for developed or developing countries, this framework can begin with a focus on fa-r-ming systems [A in Figure 11, and build from there. A basic issue is the balance between internal (on-farm) and extemal agricultural production resources avallable to fields and livestock, and the relationship of this balance to yields and farmincome [B]. A fui[ list of intemai and extemai resources is cited in Young and Burton (1992). Increased sustainability in this (on-farm only) concept is defined in terms of production technology: a preference towards the biological renewal capabilities of natural ecosystems, rather than dependence on non-renewable, off-farrn inputs (FAO, 1991a).

Farming practices which enhace sustainability include intercropping, crop rotations, reta'ned crop residues, enhanced shelterbelts, water management, agrofores@, so'l reclamation, réhabilitation of wetlands, integrated pest control, sylvo-pasture, intercropping of grassland and other fodder with trees, green manuring with legumes, conservation tillage and the use of energy eff-icient techonlogy (Conway, 1987).


CGIAR 1987

Sustainable Agriculture can be defined as 'the successful management of resources for agriculture to satisfy changing hurnan needs white maintaining and enhancing the quality of the environment and conserving natural resources.

Plus récemment le Comité du CGIAR sur Sustainable Envirorunent a adopté pour Sustainable Agriculture :

A sustainable agriculture is one that over the long terme enhances environmentai quality and the resource base on which agricultue depends, provides for basic human food and fibre needs, is economicaly viable and enhances the quality of life for farmers and society as a whole.

Cité par H.G. Zandstra - 1993. Preserving the options international research for sustainable agriculture. in Agriculture and Envirorunental Challenges. J.P. Srivastava, H. Alderman, eds IBRD. p. 102


Clark C.W, Munn R.E. (1986). Sustainable Development of the Biosphere - Cambridge University Press.

" A major challenge of the corning decades is to leam how long-term, large-scale interactions between enviromnent and development can be better managed to increase the prospects for ecologically sustainable improvements in human well-being. "

Modèle implicite : Croissance soutenue du bien être, ce qui rapproche des objectifs habituels de l'économie ; l'environnement est mis au service de cet objectif.


C. Coméliau. Tiers Monde XXXV. 137. 1994, p. 63 d'après Hatem 1990. Economie et Prospective 44, 1990.

Une approche "économique", définissant le développement durable conune celui qui vise à préserver, d'une génération à l'autre, le stock global de capital (naturel ou artificiel) nécessaire pour assurer le bien-être des générations futures et présentes ; cette approche repose sur "l'hypothèse d'une forte substituabilité entre ressources naturelles et capital artificiel", et se prête assez bien aux instruments de l'analyse néo-classique des "dysfonctionnements du marché"; une approche "écologique" visant aussi à "maintenir un stock de capital assurant la constance ou la croissance du niveau de bien-être, mais sans que l'on puisse compter sur une parfaite substituabilité du capital naturel et du capital artificiel : l'analyse néo-classique ne convient donc guère, et il faut se préoccuper directement du maintien du stock de ressources naturelles ; enfin une approche " radicaliste " ou "socioculturelle" -on notera le rapprochement inhabituel de ces deux termes-, fondée sur une critique idéologique du modèle néo-classique et mettant en valeur des thèmes tels que la différence entre la croissance et le développement, la dimension écologique des inégalités Nord-Sud et les origines sociopolitiques du sous-développement.


Coomer James C. (1979). The nature of the quest for a sustainable society. Pergamon Press. New York.

" The sustainable society is one that lives within the self-perpetuating limits of its envionment. That society is not a 'no-growth' society It is, rather a society that recognizes the limits of growth [and] looks fo-r alternative ways of growing."

Modèle implicite : exitence de limites à la croissance qui sont durables. Notion d'optimum dans le cadre de ces limites.


Daly Herman (1986). Thermodynamic and economic concepts as related to resource use policies. Land Economics 62(3). 319-322 (et 1987). "The economic growth debate : what some economists have leamed but many have -not"- Joumal of enviranmental economics and management 14(4). 323-336.

  1. 'The market oes not distinguish an ecologically sustainable scale of maater-energy throughput from an unsustainable scale, just as it does not distingulsh between ethically j ust and unjust distributions of income. Sustainability, like justice, is a value not achievable by purely individualistic market processes." (1986, p. 320).
  2. "By 'growth' I mean quantitative increase in the scale of the physical dimensions of the economy-,... By 'development' I mean the qualitative improvement in the structure, design and composition of physical stocks and flows, that result from greater knowledge, both of technique and of purpose." (1987, p. 323).

Modèle implicite : La soutenabilité est une valeur que l'on ne peut représenter dans un modèle de type néoclassique.


Gordon Conway and Edward B. Barbier, 1990. After the Green Revolution. Earthscan Publications LTD London

A definition of agriculturel sustainability

So far we have been using the terme sustainability in a way that is roughly équivalent to persistance or durability. 'Me implicit question that is asked about a particular agricultural practive or system is : will it last ? Will it be productive not only in the inimediate future, but over the long term, for présent and future generations ? Durability, however, has to be assessed in tenns of the forces that are likely to cause the agriculturai pratice or system ro collapse. We thus need a de@tion that embraces these forces.

The common usage of the word " ble' suggests an ability to maintain some activity in the face of @s -for exainple to sustain physical exercise, such as jogging or doing press ups- and this semms to us also the most technically acceptable meaning. We thus define agriculturai bility as the ability to maintain productivity, whether of a field or farm or nation, in the face of @ or shock. A stree may bc increasing salinity, or erosion, or debt; each is a frequent, sometimes continuous, relatively small, predictable force having a large cumulative effect. A major event such as a new pest or a rare drought or a sudden massive increase in input pnces would constitute a shock i.e. a force that was relatively large and unpredictable. Following stress or a shock the productivity of an agiicultural system may be unaffected, or may fall and then retum to the previous level or trend, or settle to a new lower level, or the system may collapse altogether.

Sustainability thus determines the persistance or durability of a system's productivity under known or possible conditions. It is a function of the in@ic chamcteristics of the system, of the nature and strength of the stresses and shocks to which it is subject, and of the human inputs which may be introduced to counter these stresses and shocks.

'Me biophysical susbidy, often in the form of a fertilizer application, and intended to counter the stress of repeated harvesting, is a ubiquitous input. S bility is maintained only by renewed fertilizer application. Another cor-nmon form of input is a control agent; for exainple, a pesticide to counter pest or disease attack. Again, sustainability may necessitate repeated pesticide applications, but an alternative strategy may be the introduction of a biological control agent, such as a paratisic wasp, which may so permanently alter the intrinsic sustainability characteristics of the system as to obviate the need for further intervention (Figure 2.1-.). @s also ;Ilus,-ates tlie process of bulidin- sustainab'Il.;.tytnto a sustem, i.e. substituting internai resources for extemal resources. Controlling pests by pesticides can be sustainable, providing the pesticides are affordable and used selectivelv. However, the value of introducing a biological contrat agent is that it exploits a renewable natural resource -the parasite or predator- and is hence relatively cheap and inherently a sustainable process. Box.2.1 lists a number of examples of sustainable agricultural technologies.

Productivity, stability and equitability

Sustainability, however, is clearly not the only criterion by which we judge agricultural development or event development as a whole (Figure 2.3.). Productivity is the most commonly used measure of agricultural performance, but also iinpo@t is the stability opf production, from month to month and year to year, and tye manner in which that production is shared, i.e. its equitability.

Productivity

We define productivity as the output of valued product per unit of resource input. The three basic resource inputs are land, labour and capital. Strictly speaking, energy is subsumed under land (solar energy), labour (human energy) and capital (fossil fuel energy), Similarly, technological inputs, such as fertilizers and pesticides, are components of capital, buth both energy and technology can be treated, for many purposes, as sepamte inputs.

Common meas=s of productivity are yield or income per hectare, or total production of goods and services per household or nation; but a large number of different measures are possible, depending on the nature of the product and the resources being considered. Yield may bc in tenns of kilograms of grain, tubers, leaves, meat or fish, or any other consumable or marketable product. Altematively, yield may be converted to value in calories, proteins or vitamins, or to its monetary value at the market. In the latter case it is measured as income as a function of expen,diture, i.e. profit. But, frequently, the valued product may ot be the yield in conventional a@cul@ te@. It may be employmentn generation, or an item of amenity or aesthetic value; or one of a wied range of products that contribute, in ways that are difficult to measure, to social, psychological and spirituel well-being.

Stability

Stability may be defined as the constancy of productivity in the face of small disturbing forces arising from the norinal fluctuations and cycles in the surrounding environment. Included in the environ.ment are those hysical, biological, social and economic variables that lie outside the agroecosystemm under considération. The fluctuations, for example, may be int the cli-inate or in the market demand for agricultural produts. Productivity may be defined in any of the way described above and its stability measured bv, for exemple, the coefficient of variation in productivity, determined from a time serres of'productivity measurements. Since productivity may be level, or n'sing or falling, stability will refer to the variability about a trend.

Equitability

Equitability is defined as the evenness of distribution of the productlvltv of the agricultural system among the human beneficiaries, i.e. the level of equitv that is generated. Once again, the productivity may be measured in many ways, bu@ commonlv, equitability will refer to the distribution of the total production of goods and services, or the net income of the agroecosystem under considération, i.e. the field, farm village or nation. The human beneficiaries may be the fàrm household, or the members of a village or a national population.

Equitability may be measured by a Lorenz curve, Gini coefficient or some other related index.

In practice, though, it is difficult to define equitability in a purely positive sense, as measures available reflect different value judgements. Thus, equitability is often the evenness of distribution of productivity among the human beneficiaries, according to need.

In most situations equitability is affected not only by the distribution of products but also by the distribution of costs. That is, equitability refers to the distribution of net benefits. In many cases, as we will argue later, productivity involves significant external costs and these have to be mciuded in the computation of equitability.


Gordon Conway and Richard B. Barbier. 1990. After the Green Revolution. Earthscan Publications LTD. London.

The concept of efficiency

If, for simplicity, we consider a single agriculal input, say nitrogen fertilizer, then the outputinput relationship can be described as in Figure 2.4.

It is assumed that total production follows an S-shaped curve as described here, although other shapes are possible and common. The marginal product is the rate of change of the total product. It increases in the early growth hase of the production curve to a maximum (q1), but then falls away to zero (cb) when total production is maximized. The average product is simply the total product divided by the input. Total revenue, total cost and marginal cost refer to similar measures of the value of the products and the opportunity cost of the input in monetary terms (where the opportunity cost is the value of the input in its next best alternative use or function). All of these are different, useful measures of productivity.

Productivy is regarded as technically efficient either when the average product is maximized (q,) or when total product is at its peak (q3). However, economic efficiency occurs somewhat between these two points. If we translate total product in terrns of its value, in US$ for example, to total revenue, and add the total opportunity cost of the input, profit will be maximized when the différence between these two is greatest, i.e. when marginal revenue equals marginal opportunity cost (q4). This is the point of economic efficiency.


Conway et Barbier 1986.After the Green Revolution : Sustainable and Equitable Agriculture Development.Futures, 20. 651-78.

T'he common use to the word sustainable suggests an ability to maintain some activity in the face of stress. for example to sustain physical exercise such as jogging or doing -press ups- and this seems to us also the most technically acceptable meaning. We thus define agricultural sustainability as the ability to maintain productivity whether of a field or farm or nation, in the face of stress or shock.

Modèle implicite : résilience, résistance aux choses externes.


Godard O., 1994. Le développement durable: paysage intellectuel. Nature, Sciences, Sociétés 2(4). 309-324.

Les stratégies de l'développement sont centrées sur la satisfaction des besoins fondamentaux (habitat, alimentation, énergie de cuisson, eau, conditions sanitaires, éducation, participation à la décision) des populations les plus démunies, prioritairement dans les pays en voie de développement, l'adaptation des technologies et des modes de vie aux potentialités et contraintes spécifiques de chaque éco-zone, la valorisation des déchets et l'organisation de l'exploitation des ressources renouvelables par la conception des systèmes de production boudés systématisant les cycles écologiques"

Modèle implicite : viabilité. Choix éthiques sur les besoins.


Goodland R., Ledec G. (1987). Neoclassical economics and principles of sustainable development. Ecological Modelling. 38,19-46.

"Sustainable development is here defined as a pattem of social and structural economic informations (i.e. 'development' which optimizes the economic and societal benefits available in the present, without jeopardizing the likely potentiel for s'anilar benefits in the future. A primary goal of sustainable development is to achieve a reasonable (however defined) and equitably distributed lever of economic well-being that can be perpetuated continually for many human generations."

2. " sustainable development implies using renewable natural resources in a manner which does not eliminate or degrade them, or otherwise diminish their usefulness for future generations Sustainable development further implies using non-renewable (exhaustible) mineral resources in a manner which does not unnecessarily prectude easy access to them by future generaitons Sustainable development aiso implies depleting non-renewable energy resources at a slow enough rate so as to ensure the high probability of an orderly societal transition to renewable energy sources ... "

Modèle implicite :


Hatem F., 1994. Le concept de développement durable. Economie Prospective Intemationale. n°44 - 1994.

Qu'appelle-t-on au juste développement soutenable ? La variété des définitions proposée a été soulignée par de très nombreux auteurs; Pezzey en recense plus de 60, D. Pearce en compte 26. On peut distinguer deux niveaux de classifications :

On peut tout d'abord distinguer une approche 'écocentrée' et une approche 'anthropocentrée" de la soutenabilité. Dans le premier cas, la vie est supposée posséder une valeur en elle-même; le fondement du droit à l'existence des non-humains n'est plus utilitariste mais éthique (Regan, 1981, ou O'Riordan, 1988, cités par Tumer). Le DD se définit alors comme un développement ne portant pas atteinte aux autres formes de vie terrestre. Dans l'approche anthropocentrée, au contraire, le souci de préserver les ressources naturelles est justifié par l'utilité qu'elles présentent pour l'homme (bien-être, santé, esthétique, survie ...). Le DD se définira donc en référence au maintien ou à l'augmentation du bien-être humain. Trois approches sont possibles, selon que l'on insiste sur les conditions économiques, écologiques ou sociales de ce bien-être.


Howe Charles W. (1979). Natural Resource Economics. Issues, Analysis and Policy. John Wiley & Sons. New York.

'Guidelines for a responsable natural resources policy activities should be considered that would be almed at maintaining over time a constant effective natural resource base. This concept was proposed by Pate (1997) and implies not an unchariging resource base but a set of resource réserves, technologies, and policy controis that maintain or expand the production possibilities of future generations" (p.337).

Modèle implicite : Conservationnisme ar maintien constant de la base des ressources


Serge Latouche. 1994. Tiers Monde . 137. p. 80;

Le piège du développement durable

Le développement durable est comme l'enfer, il est pavé de bonnes intentions. Les exemples de compatibilité entre développement et environnement qui lui donnent créance ne manquent pas. Il ne faut pas se leurrer pour autant. Ce n'est pas l'environnement qu'il s'agit de préserver, mais avant tout le développement Là réside le piège.

Bien évidemment, la prise en compte de l'environnement n'est pas nécessairement contraire aux intérêts individuels et collectifs des agents économiques. Jean-Marie Engelshoven, un directeur de la SheIl peut déclarer: "Le monde industriel devra savoir répondre aux attentes actuelles s'il veut, de façon responsable, continuer à créer dans le futur de la richesse." On sait que la Banque mondiale qui finance la plupart des projets agrées par le Fond des Nations Unies pour l'environnement n'est pas en reste. "Une gestion prudente de l'environnement est un fondement du processus de développement." Le directeur d'une chaîne de grands magasins anglais affirme de son côté : "C'est une nouvelle façon d'aborder les affaires, pas seulement une question de répondre au consommateur vert. Nous avons besoins de le faire pour rester attractifs auprès de nos partenaires, de nos actionnaires, et de nos employés. Ceux qui n'adopteront pas cette approche perdront la course.'


Serge Latouche. 1994. Tiers Monde . 137. p. 82.

Le développement durable, c'est le processus de reproduction

Les caractères durable ou soutenable renvoient non au développement "réellement existant" mais à la reproduction. La reproduction durable a régné sur la planète en gros jusqu'au XVIIIe siècle ; il est encore possible de trouver chez les vieillards du Tiers Monde des "experts" en reproduction durable. Les artisans et les paysans qui ont conservé une large part de l'héritage des manières ancestrales de faire et de penser vivent le plus souvent en harmonie avec leur environnement ; ce ne sont pas des prédateurs de la nature. Au XVIIe siècle encore, en promulguant ses édits sur les forêts, en réglementant les coupes pour assurer la reconstitution des bois, en plantant des chênes que nous admirons toujours pour foumir des mâts de vaisseaux trois cents ans plus tard, Colbert se montre un expert en "sustainability". Ce faisant, ces mesures vont à l'encontre de la logique marchande.

Voilà du développement durable, dira-t-on ; alors il faut le dire de tous ces paysans qui, comme le grand-père de Cornélius Castoriadis, plantaient de nouveaux oliviers et de nouveaux figuiers dont ils ne verraient jamais les fruits, mais en pensant aux générations suivantes, et cela, sans y être tenu par aucun règlement, tout simplement parce que leurs parents, leurs grands-parents et tous ceux qui les avaient précédés avaient fait de même. En revanche, la signification historique et pratique du développement, liée au progamme de la modernité, est fondamentalement contraire à la durabilité. Il s'agit d'exploiter, de mettre en valeur, de tirer profit des ressources naturelles et humaines. La main invisible et l'harmonie des intérêts garantissent que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Pourquoi se faire des soucis ?


Markandya A. , Pearce D. (1988). Natural enviromnents and the social rate of discounts. Project apraisal 3(l). 2-12

'The basic idea [of sustainable development] is simple in the context of natural resources (excluding exhaustibles) and environments : the use made of these inputs to the development process should bc sustainable through time... If we now apply the idea to resources, sustainability ought to mean that a given stock of resources -trees, soil quality, water and so on should not decline' (pp-9-1 0);"... sustainability might be redefined in terrns of a requirement that the use of resources todav should not reduce real incomes in the future..." (p. 1 1).

Modèle implicite :


Pearce D. (1976). Fundations of our ecological economics. Ecological Modelling 38, 9-18 (1988). Optimal prices for able development in Collards, Pearce, Ulph (eds.) Economics growth and sustainable environrnents. St Martins Press. New York (1988). The sustainable use of naturel resources in developing countries in Tumer (ed.). Sustainable enviromnent management: Principles and Practice. Balhaven Press. London.

'The sustainability criterion requires that the conditions necessary for equal access to the resource base be met for each generation" (1987, p. 13).

"In simple terms [sustainable development] argues for (a) development subject to a set of constraints which set resource harvest rates at levels no higher that managed or natural regeneration rates; and (b) use of the environinent as a 'waste sink' on the basis that waste disposal rates should not exceed rates of (natural or managed) assimilation by the counterpart ecosystems ... There are self-evident problems in advocating sustainable rates for exhaustible resources, so that 'sustainabilists' tend to think in terms of a resource set encompassing substitution between renewables and exhaustibles. Equally self-evident is the implicit assomption that sustainability is a 'good thing' -that is optimizing within sustainable use rates is a desirable objective. On these terms, sustainability could irnpiv use of environmental services over very long time periods and, in theory, indefinitely". (1988, P. 58)

"The key concept [regarding natural resource dégradation in developing countries is ability'. Changes in resource management practice toward sustainable resource use could at least contribute to the préservation of the sustainable resource base, and hence to the direct weil-being of rhe population and to the future oi the macroeconomy". (1988, p. 102)

Modèle implicite :


Pearce D., Barbier E, Markandya A. (1988). Sustainable development and cost benefit analysis. LEEC. Paper 88-03. London Environinent Economics Centre, University College. London.

"We take development to be a vector of desirable social objectives, and elements might include :

... Sustainable development is then a situation in which the development vector increases monotonically over time' (p.4)

'We summarize the necessary conditions [for sustainable development] as 'constancy of the natural capital stock'. More strictly, the requirement as for non-negative changes in the stock of natural resources such as soil and soil quality, ground and surface water and their quality, land biomass, water biomass, and the waste assimilation capacity of receiving environments" (p.6)

Modèle implicite :


Pezzey J., 1992. Sustainable Development Concepts. Wortd Bank Environnement Paper2.

'Quality of life should not decline over the long terrn future". It means "maintaining an economy's capital stock. However, a relevant définition of capital stock still has to be chosen, and this means judging how sigtùficant, essentiel or substituable are the various natural and man mode resource inputs to the economy's production processes".

Modèle présenté : Conventional Neoclassical Economy


Per Pinstrup Andersen. 1993. Socioeconomic and Policy Considerations for sustainable Agricultural Development. in Agriculture and Environmental Challenges. J-P. Sn'vastava, H. Alderinan eds. IBRD. p. 35.

Without entering into a discussion of the merits of the various définitions of sustainable development found in the literature, I propose that aericultural development should be considered sustainable if it assures that the productive capacity of the agriculal sector will be sufecient to meet current and future needs. This corresponds to the more general definition suggested by the Brundtland Commission. (... ). This definition implies that sustainability is compatible with the réduction of the stock of resources if and only if the productivity of the stock hurnanrnade resources in sufficiently to compensate for the loss of natural resources and, together with natural resources, to meet future needs.


Pirages D. (1977). A social design for sustainable growth in the Sustainable Society. Implications for limited growth. Praeger. New York.

"[Sustainable growth] means economic growth that can be supported by physical and social environments in the foreseeable future. An ideal sustainable society would be one 'n which all energy would be derived from current solar income and all non-renewable resources would be recycled' (pp. 10- 11)

Modèle implicite :


C. Reijntjies, B. Haverkort, ZA Waters-Bayer, 1995. in Une agricuIture demain. CTA Karthala. Paris

L'agriculture durable comme concept

Le terme 'durabilité" est aujourd'hui largement utilisé dam les milieux du développement, mais que signifie-t-il au juste ? Selon le dictionnaire, la "durabilité" se dit de "la continuité d'un effort, la capacité de pouvoir durer et ne pas chuter". Dans le contexte de l'agriculture, la "durabilité" se réfere principalement à la capacité de rester productif tout en maintenant la base des ressources. A titre d'exemple, le Comité de consultation technique du Groupe consultatif pour la recherche ag-icole internationale (CCTI'GCRAI, 1988) déclare que "l'agriculture durable consiste à gérer de manière efficace les ressources utilisables par l'agriculture dans le but de satisfaire les besoins changeants de l'être humain, tout en veillant au maintien, voire a l'amélioration de la qualité de l'environnement ainsi qu'à la préservation des ressources naturelles".

Toutefois, beaucoup se réferent à une définition plus large selon laquelle l'agriculture est durable si elle est (d'après Gips, 1986) :

Ces critères définissant la durabilité peuvent être contradictoires, et abordés selon des points de vue différents : celui de l'agriculteur, de la communauté, de la nation et du monde. Des conflits peuvent donc surgir entre les besoins actuels et futurs, entre la satisfaction des besoins immédiats et la préservation des ressources de base. L'agriculteur peut chercher à maximiser son revenu à travers des prix élevés pour ses produits, alors que le gouvernement préfere assurer un approvisionnement en nourriture suffisant à des prix abordables pour les populations urbaines. A ce titre, des choix doivent être faits constamment dans le souci permanent de trouver un équilibre entre ces intérêts contradictoires. Par conséquent, des institutions efficaces e t des politiques bien réfléchies sont nécessaires à tous les niveaux, du village à la planète, afin d'assumer un développement durable.


Redclift Michael, Sustainable Development, London, Methuen, 1987.

"The term 'sustainable development' suggests that the lessons of ecology can, and should, be applied to economic processes. It encompasses the ideas in the World Conser-vation Strategy, providing an envirorunental nationale through which the claims of development to improve the quality of (ail) life can be challenged and tested".


Repetto R., 1985.The Global Possible. Resources, Development and the New Century. Yale Univ. Press. New Haven

'The core of the idea of sustainability, then, is the concept that current décisions should not impair the prospects for maintaining or improving future living standards... This implies that our economic systems should be managed so that we live off the dividend of our resources, maintaining and improving the asset base. This principle also has much in common with the ideal concept of income that accountants seek to detemine : the greatest arnount that can be consumed in the current period without reducing prospects for consomption in the future" (p. 10)

Modèle implicite :


Solow R. 1986. On the intergenerationnal allocation of natural resources. Scandinavian Joumal of Economics. 88(l). 141-49.

"... a society that invests in reproducible capital the compétitive cents on its current extraction of exhaustible resources, will enjoy a consomption stream constant in time... This result can be interpreted as saving that an appropn'atelv defned stock of capital -including the initial endowment of resources- is being maintained intact, and that consomption can be interpreted as the interest on that patrimony" (p. 141).

Modèle implicite :


Ignacy Sachs (1993). L'écodéveloppement. Syros.

Les cinq dimensions de l'écodéveloppement

Costanza propose une définition de la durabilité écologique : La durabilité est le rapport entre des systèmes économiques dynamiques et des systèmes écologiques dynamiques plus grands mais aux changements plus lents dans lesquels

mais dans lesquels

Une formulation plus brève de l'UIPC considère que le développement durable est une amélioration des conditions de vie des communautés humaines qui respecte les limites de la capacité de charge des écosystèmes. Dans la planification du développement, il faut prendre en compte les cinq dimensions de la durabilité.

La durabilité sociale

Ce terrne recouvre la -mise en oeuvre -d'un processus de développement fondé sur une autre croissance et alimenté par une autre vision de la société. Le but est de construire une civilisation de l'être fondée sur un partage plus équitable afin d'améliorer substantiellement l'accès aux richesses et de réduire l'écart de niveau de vie entre les riches et les pauvres.

Le développement doit être vu dans sa multidimensionnalité, couvrant tout le champ des besoins matériels et non matériels, comme le souligne justement le Rapport sur le développement humain du PNUD (ce qui n'apparaît pas toutefois dans l'indicateur réducteur du développement humain proposé par cette étude).

La durabilité économique

Elle dépend d'une répartition et d'une gestion des ressources plus efficaces et d'un flux constant d'investissements privés et publics. Ce qui nécessite de venir à bout des contraintes externes actuelles : le fardeau du service de la dette et le flux net de ressources financières du Sud vers le Nord, les termes de l'échange défavorables, les barrières protectionnistes imposées par les pays industrialisés, enfin, l'accès limité à la science et à la technique. En outre, il faut évaluer l'efficacité économique en termes macrosociaux plutôt qu'à travers les seuls critères microéconomiques de profit de l'entreprise.

La durabilité écologique

Elle peut être renforcée à l'aide des leviers suivants

La durabilité spatiale

Il faut assurer un meilleur équilibre villes-campagnes et une meilleure répartition spatiale des établissements humains et des activités économiques, avec un accent mis sur les problèmes suivants :

La durabilité et la culture

Cherchant des racines endogènes aux modèles de modernisation et aux systèmes intégrés de production, il s'agit de promouvoir le changement dans la continuité culturelle, traduisant le concept normatif d'éco développement en une pluralité de solutions locales, propres à chaque écosystème, à chaque contexte culturel et à chaque site.


Ignacy Sachs. Tiers Monde n° 137-1994. p. 54

Le développement est avant tout un processus de libération au sens presque littéral du terme. Etymologiquement, développer c'est enlever la balle de la graine, c'est supprimer les obstacles institutionnels, politiques et culturels à l'épanouissement de la personnalité de chacun et de tous. Au sens figuré il s'agit, d'une part, de libérer, en tant que condition nécessaire mais nullement te, de la gêne matérielle et, d'autre part, de reconnaître le caractère "informationnel" du processus. La différence a déjà été tentée par mes soins il y a trente ans entre la croissance à l'intérieur des structures et la transforrnation des stmctures, en gardant le mot développement plutôt pour le changement des structures. Dans la pratique, cela pose beaucoup de difficultés. Enfin, à un troisième niveau, le développement peut être lu comme un processus d'apprentissage social.

Par extension, il est possible de parler du potentiel de développement d'un pays fondé sur trois éléments : la capacité de se penser, de concevoir un projet, l'existence des structures politico-administratives permettent de mettre en oeuvre le projet en toute transparence et sous le contrôle démocratique de la société, enfin l'existence d'un appareil productif assurant au pays une certaine 'résilience" par rapport aux pressions du système économique international.

L'élément commun à ces définitions, qui sont plutôt complémentaires que contradictoires, est qu'elles traitent le développement comme un processus et non pas comme un état final désirable.

Modèle implicite : Référence à la biologie, à la personnalité, à la notion de processus de transformation, à la notion d'intelligence.


Ignacy Sachs. Tiers Monde .137.1994, p. 54-55

Cinq dimensions du développement durable

A Stockholm en 1972 et surtout au Sommet de la Terre qui s'est tenu à Rio en 1992, l'accent a été mis sur la nécessité de prendre simultanément en considération cinq dimensions du développement.

L'approche connue sous le nom d'éco développement essaie d'harinoniser ces cinq critères. Ce n'est pas une doctrine, ce n'est pas une théorie au sens strict du terme ; il s'agit d'une approche qui se veut opérationnelle.


A. Sfeir. Younis 1993- World Bank expérience in Renewable Resource Management : Implications for Lending and Evaluation Work. in IBRD Agriculture and Environmental challenges. J.P. Srivastava and H. Alderrnan eds., p. 252

An OED Study on Sustainability, issued in 1985, defined sustainability of development opérations as their ability to maintain an adequate level of net benefits (for example economic, social, environmental) after the investrnent phase in completed.

from OED Renewable Resource Management in Agriculture,Washington D.C., 1989.


Ismail Serageldin (1993). Agriculture and envirorumentally Sustainable Development. in Agriculture and Envirommental Challenges. J.P. Srivastava, H. Algennan eds. IBRD

Defining Environmentally Sustainable Development

For a first cut at an operational définition of sustainable development, we may begin with the Bruntland Commission's définition: 'Sustainable development is development that meets the needs of the présent without compromising the ability of future generations to meet their own needs ". It contains within it two-key concepts :

Or put another way : 'To say that a development path is 'sustainable' means, at least, that its patterns of production and consomption can be reproduced indefinitely without doing increasing or irréparable damage to essentiel natural ecosystems".

These two defmitions are cautious in that they are static : they suggest holding the line on dégradation of future opportunities but do not necessarily promise any hope for improvement.


Tietenberg T.H. (1984). Environmental and Natural Resources Economics. Scott. Foresman and Co. Glenview. Illinois.

'The -sustainability criterion -suggests that, at a minimum, future generations should be left no worse off than current generations" (p.33)

'Rather than eliminating the [positive] discount rate, the present-value criterion should be complemented by other criteria, such as sustain-ability... For example, we migh choose to maximize présent value subject to the constraint that future generations are not made worse off' (p. 432).

Modèle implicite : contrainte : les générations futures ne doivent pas avoir un revenu inférieur.


Wold Bank 1988. Environinent and Development: implementing the World Bank new policies. Development Committee Palphlet 147,

Sustainable development is development that meets the needs of future generations without compromising the ability of future generations to meet their own needs. Economic growth, the alleviation of povertv, and sound environmental management are in many cases mutually consistent objectives.'

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