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Les rapports entre la Justice et la société global
Un point de vue anthropologique

Communication au colloque " La réforme de la Justice, Enjeux et perspectives " T.G.I. de Créteil, 16 octobre 1998

Etienne LE ROY
Professeur d’anthropologie du Droit à l’Université Paris 1
Laboratoire d’Anthropologie juridique de Paris

 


 

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Traiter des rapports entre la justice et la société globale dans une perspective d’anthropologie du Droit suppose d’accorder d’entrée de jeu quelques développements aux déplacements qu’autorise ou qu’induit ce type de perspective.

C’est en effet en qualité d’anthropologue que j’ai été sollicité pour intervenir dans le débat. Bien qu’africaniste et pratiquant l’étude de la justice en Afrique, je récuse tout folklore ou tout exotisme dans mon intervention en raison de l’application de mes travaux depuis une quinzaine d’années à diverses facettes de la justice en France. Je n’en aurai pas moins un propos d’anthropologue parlant du Droit à des juristes, ce qui suppose que nous identifions en commun nos convergences possibles.

Cette approche anthropologique tient d’abord à son caractère comparatiste reposant sur le " diatopisme " (comme confrontation et mise en relation tensionnelle entre pratiques culturelles) pour déboucher sur le " dialogisme " (comme explication des rationalités qui fondent leur rencontre). Les préfixes dia en grec et trans en latin sont actuellement et en association avec diverses racines (topos, le point, le lieu pris ici comme " site " culturel, logos, le discours et sa rationalisation, la ‘modernité’ qui interviendra plus tard dans notre analyse) des outils linguistiques destinés à expliquer des déplacements des points de vue de la recherche sur le Droit pour les deux premiers termes, de la recherche sur la société pour la notion de transmodernité. Quelques prolégomènes qui ne sauraient viser à l’exhaustivité devraient permettre de passer d’un légitime étonnement initial de la part du praticien du Droit à une attitude intellectuelle plus " dialoguante ", se donnant les moyens d’une rupture épistémologique si l’évolution que nous pressentons des problèmes de société devait conduire la Justice non à une simple réforme, mais bien à une véritable révolution.

J’axerai donc mon propos sur un argumentaire en trois temps. Dans un premier temps, je ferai une brève présentation de l’interprétation anthropologique qu’on peut donner du thème de cette communication sous la forme " qu’est-ce qu’un anthropologue peut entendre par " rapports ", " Justice " et " société globale ". Puis je m’arrêterai sur cette dernière expression pour examiner les rapports entre la justice et la société à deux échelles, l’une où le global équivaut au mondial et ce sera ma deuxième partie, l’autre où le global équivaut au " souverain " donc au national. Ce troisième point nous ramènera à la spécificité française et à sa tradition judiciaire actuellement interpellée, voire bouleversée, le sens des évolutions étant le cadre de la conclusion.

Quelques prolégomènes anthropologiques pour situer le sens des questions en débat

J’ai donc suggéré de m’arrêter ici sur le sens des mots, non en philologue et en linguiste mais par simple souci de communication. J’ai en effet l’expérience de la spécialité voire de la rigidité des vocabulaires disciplinaires. En outre, je sais que les déplacements intellectuels ou mentaux que pratique l’anthropologue soit entre les cultures soit au sein d’une même culture entre des ordres de pensée qui ne se côtoient pas explicitement chez nous et que nous appelons la pensée symbolique ou totémique peuvent apparaître comme de simples jeux pour ceux qui n’en imaginent pas les applications pratiques dans nos propres cultures.

La notion de rapports

La notion de rapports apparaît sans doute dans une innocence que je ne chercherai pas à faire disparaître, à ceci près que nos pratiques d’anthropologues nous ont amenés à préciser ce que mon dictionnaire Robert présente comme un sens II apparu à la fin du XVI° siècle, donc avec la modernité, et où rapport est entendu comme ‘connexion’, ‘relation’ et, surtout dans le cas comme ‘corrélation’, rattachement d’un effet à une cause. Depuis une dizaine d’années, exactement depuis le premier colloque franco-allemand des anthropologues du Droit tenu à Fribourg en B. en avril 1988, le mot d’ordre de nos recherches est de " toujours rapporter l’observation des phénomènes juridiques aux logiques qui les fondent ". Bien plus, le fondateur de l’anthropologie du Droit en France, le recteur Michel Alliot, ancien directeur du Laboratoire d’anthropologie juridique de Paris, a élaboré une théorie de la diversité des réponses juridiques (qu’il qualifie d’archétypes), théorie que mon collègue Norbert Rouland a qualifié de néo-culturaliste et que, dans son manuel, il présente ainsi :

Le monde matériel ne s’impose donc à l’homme que par des médiatisations qu’en opèrent son esprit et son affectivité. Or l’homme est en quête d’un sens de l’univers et de sa propre existence, sens qui n’est pas donné dans l’expérience immédiate. Il doit donc construire ce sens, le déceler dans les diverses manifestations du monde sensible, souvent conçues comme les reflets d’un monde invisible. Or il est frappant de constater qu’il existe d’indéniables parallélismes entre les manières de penser l’univers, Dieu et le Droit ".

D’où la proposition " penser Dieu c’est penser le Droit " qui ne doit être prise que comme métaphore de la relation qui existe entre les visions du monde et les visions du Droit. Si, dans certaines de ses illustrations, cette théorie néo-culturaliste pouvait se présenter comme déterministe, la vision du monde induisant " mécaniquement " une conception du Droit sur le mode de la corrélation, les travaux actuels valorisent la complexité des sociétés et la diversité des référents, donc le caractère plural des facteurs culturels affectant la conception du Droit, selon des montages originaux propres à chaque tradition juridique.

C’est la transposition de cette démarche à la justice et à l’institution judiciaire que je réaliserai plus spécialement dans cette communication, en postulant que la conception de la justice est l’expression d’une vision de la société que l’on cherche à promouvoir ou à gérer.

La conception de la justice

Cependant, la conception de la justice exige également quelques précisions d’un point de vue anthropologique, la première exigence étant de ne pas prêter aux autres civilisations la conception que nous en avons et que nous pourrions tenir, bien naïvement, pour universelle. Ce serait faire preuve d’ethnocentrisme ou pratiquer une caricature que la pensée moderne favorise. Ceci éclairci, on doit se demander ce que veut dire " justice ". On sait le caractère polysémique de la notion, la justice étant successivement une valeur, un sentiment, un principe, un pouvoir, une institution... Qu’un signifiant ait tant de signifiés en fait nécessairement un symbole, voire une fiction si on en applique la définition canonique: fictio est figura veritatis. La justice est bien " une approche " ou " une esquisse " de ce que nous tenons pour bon et bien. Mais, pour l’anthropologue qui considère également que la justice n’est pas tant ce qu’en disent ses textes fondateurs ou ses glossateurs que ce qu’en font ses praticiens, c’est moins de la justice que du juge dont on va parler. Très précisément, on considérera " le juge, une figure d’autorité ", le thème du premier congrès mondial d’anthropologie du Droit, tenu dans les locaux de l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM) de Paris du 24 au 26 novembre 1994.

Dans ses conclusions, le recteur Michel Alliot notait tout d’abord que

" le congrès a fait place le plus souvent à une approche fonctionnelle. La communauté se définit par sa fonction qui est de gérer la vie. Elle noue les fils de vie entre les groupes et les individus, dans le visible et dans l’invisible (au-delà, ancêtres, nations, Etat, nature etc...), elle même immédiatement ou par l’intermédiaire (la terre, Dieu, l’Etat, la loi). Si elle élimine quelques uns de ces fils, c’est pour mieux nouer les autres. Lier est plus important qu’exclure ".

Après avoir rappelé la relation entre la fonction et l’institution ainsi que l’ancienneté de cette représentation du juge comme lieur, ce même auteur concluait : " Du juge on attend partout qu’il puisse remplir sa fonction de lieur et pour cela qu’il ait une compétence institutionnelle reçue et une compétence personnelle reconnue : elles sont les sources de sa légitimité. " (AFAD, 1996, 23).

Il précisait enfin, en répondant à Robert Badinter qui en ouvrant ces travaux avait posé les trois questions suivantes : qui doit-on juger, comment doit-on juger, avec qui ?

" Qui doit-on juger ? La société avant les parties car la vie est liée à la paix, il faut d’abord rétablir la paix (...) une paix qui ne soit pas statique, une culture de paix qui soit en mouvement.

Comment doit-on juger ? L’illusion de l’efficacité technique du système juridictionnel nous fait souvent passer à côté du vrai travail, qui est un travail de lieur et de représentations dans l’imaginaire de la société, au cas par cas (...)

Avec qui doit-on juger ? Avec des magistrats autrement formés. Pourquoi cacher le désarroi des jeunes magistrats qui n’ont reçu qu’une formation technique ? Une véritable formation à juger doit être ouverte sur la vie, sur toute la vie, sans rien refuser de ce que vit et croit une société " (AFAD, 1996, 29).

Ainsi, quand on approche le figure du juge plutôt que la " justice " obtient-on une réponse relativement univoque, la justice étant associée à cette fonction du lieur. Sans doute les apports des sociétés varient sur le plan comparatif selon que l’on insiste, dans la concrétisation du sens du lien, sur ce qu’on relie ou que l’on partage : le lien peut associer le visible et l’invisible dans les sociétés traditionnelles, ou le passé et le futur dans les sociétés contemporaines. Il peut également nouer les individus autour de l’Etat dans la modernité, alors que le mandarin nouait les sujets autour de la personne de l’Empereur dans la tradition confucéenne. Ces différences ne semblent pas substantielles. Notons pourtant, et sous réserve de le préciser plus tard, que si une certaine unité de la figure du juge émerge en apparence, c’est pour mieux mettre en évidence la diversité de ce qui fonde son autorité et que nous devrons trouver dans les visions du monde et les projets singuliers de sociétés.

Ce que société veut dire

Ce qu’on désigne par société, et ce sera la troisième contrainte d’une lecture anthropologique de la Justice, parait également recouvrir une difficulté inattendue. Louis Dumont, dont j’ai déjà évoqué l’oeuvre à propos du piège tendu par l’idéologie moderne, démontre dans ses Essais sur l’individualisme qu’une des conséquences de la rupture du protestantisme au début du XVI° siècle est d’avoir introduit non seulement une nouvelle eschatologie mais une conception neuve de la société : à l’universitas chrétienne furent substituées des societates comme collections d’individus et d’où est tiré le terme actuel de société. Sur le sens de cette rupture je me permets de citer quelques extraits :

" Deux conceptions de la société-Etat s’affrontent dans le vocabulaire de l’époque. Il nous faut distinguer universitas ou unité organique (corporate) et societas, ou association (partnership), dans laquelle les membres restent distincts en dépit de leur relation et où l’unité est ainsi ‘collective’ et non organique (corporate). Societas -et les termes semblables : associations, consociatio- a ici le sens limité d’association, et évoque un contrat par lequel les individus composants se sont ‘associés’ en une société. Cette façon de penser correspond à la tendance, si répandue dans les sciences sociales modernes, qui considère la société comme consistant en individus, des individus qui sont premiers par rapport aux groupes ou relations qu’ils constituent ou ‘produisent’ entre eux plus ou moins volontairement. Le mot par lequel les scolastiques désignaient la société, ou les personnes morales en général, universitas, ‘tout’, conviendrait bien mieux que ‘société’ à la vue opposée, qui est la mienne, selon laquelle la société avec ses institutions, valeurs, concepts, langue, est sociologiquement première par rapport à ses membres particuliers, qui ne deviennent des hommes que par l’éducation et l’adaptation à une société déterminée. On peut regretter qu’au lieu d’universitas il nous faille parler de ‘société’ pour désigner la totalité sociale, mais le fait constitue un héritage du Droit naturel moderne et de ses suites ".

Le regret ainsi exprimé serait-il le signe de quelque conception réactionnaire et le débat simplement historique ? Notons d’abord qu’il est également partagé par un nombre croissant d’anthropologues, sensibles à la juste observation que Louis Dumont faisait en préface à l’ouvrage de Karl Polanyi et qui s’applique tout autant au Droit qu’à l’économie. Indiquant d’abord que " la civilisation moderne et son histoire deviennent compréhensibles dans un sens tout nouveau une fois vues en relation avec les autres civilisations et cultures " l’auteur ajoute :

Dans une telle démarche, le comparatisme revient à refuser jusqu’au bout la compartimentation que notre société, et elle seule, propose et, au lieu de chercher dans l’économie le sens de la totalité sociale (...), à chercher dans la totalité sociale le sens de ce qui est chez nous économie " ou Droit, ai-je ajouté dans un ouvrage récent.

Concernant ce renversement de perspective pour le Droit et la Justice, il me semble s’imposer si, comme j’ai commencé à en faire l’hypothèse dans l’introduction, la situation contemporaine se caractérise par une " sortie de modernité " et qu’une prise de conscience de l’émergence d’une transmodernité nous oblige à redécouvrir et à penser dans un même mouvement ce qu’on avait abordé auparavant de manière successive et selon le principe de l’opposition des contraires, du type " tradition versus modernité ".

Je suppose donc que nous devons à la fois examiner le rapport de la justice à une universitas que nous désignons maintenant clairement comme " notre commune humanité " et que valorise la théorie des droits de l’homme et le rapport que cette Justice noue avec chacune des societates qui, dans le cadre formel de l’Etat-Nation et sous le critère, ai-je déjà indiqué, de la souveraineté politique constituent également des sociétés globales au sens restreint. Ce qui était approché sous le principe aristotélicien de l’opposition des contraires doit être interprété maintenant dans la perspective de la complémentarité des différences, ce qu’autorise aussi le principe de subsidiarité. La révolution judiciaire annoncée est donc, d’abord et fondamentalement, une révolution conceptuelle qui est dictée par l’ardente obligation qui sera la nôtre de fonder la justice de la transmodernité sur des bases correspondant à la complexité qui caractérise cette transmodernité. Car c’est la vie, toute la vie rappelle le recteur Alliot qui doit être prise en compte par nous, " sans rien refuser de ce que vit et croit une société ". 

La justice et la société, lorsque le global équivaut au mondial

Les travaux récents sur la mondialisation soulignent l’équivoque que constituerait une transposition non critiquée de l’anglais globalization en " mondialisation " en raison d’une différence de signifiants qu’induisent ces deux termes. L’anglais globalization connote une tentative de généralisation d’un phénomène ou d’un processus, essentiellement celui du capitalisme apparemment triomphant, avec son cortège d’institutions ou de pratiques dérivées, telles la dérégulation, un Etat neutre et impartial, la bonne gouvernance etc. Il s’inscrit dans une perspective diffusionniste qui est également celle de l’anthropologie culturelle américaine. Cette perspective induit une vision du monde où la conception d’un marché généralisée, avec le support d’un individualisme marqué et d’une réduction drastique du rôle de l’Etat, est " naturalisée " et appliquée à l’ensemble des sociétés à partir d’un centre américain (sorte de nouveau ‘nombril du monde’). Pour un Américain, il n’y a pas d’autre horizon que le marché. Pour un Français pour lequel l’horizon naturel est constitué par l’Etat, une telle représentation du marché est nécessairement interpellante, voire exotique, j’y reviendrai.

La représentation de la société qu’on trouve dans le terme " mondialisation " suggère la constatation d’une connexion mondiale déjà établie, donc l’existence de relations à l’échelle du monde comme globe terrestre, ces relations étant en voie de multiplication en passant, par exemple, du domaine des relations financières aux communications et aux relations culturelles (symbolisées par le réseau international d’échange de courrier électronique ou Internet). Au lieu d’aller du particulier au général (induction), le processus que décrit le terme mondialisation va du général au particulier (déduction). Si, souvent, dans les conséquences de la globalization ou de la mondialisation on peut parler d’américanisation, le sens de ce processus peut être fondamentalement différent, et vécu sur un mode arbitraire et exclusif (voire totalitaire) dans le cas de la globalization, plus sélectif dans le cadre de la mondialisation. C’est en effet dans ce contexte de mondialisation qu’il faut analyser l’évolution du système international requérant de tous les acteurs le respect de normes communes en vertu de la triple exigence des droits de l’homme, de l’Etat de Droit et de la bonne gouvernance. Sous l’instigation des coopérations bilatérales et multilatérales et dans le cadre des conditionnalités des programmes d’ajustements structurels, toutes les sociétés sont appelées à adopter, voire contraintes de le faire au moins de jure, des normes de régulation analogues. Ainsi émerge progressivement une nouvelle universitas, la communauté universelle des droits de l’homme, ayant pour unique mais fondamentale référence une " commune humanité ". Dans cette universitas, la justice comme garante de l’Etat de Droit est appelée à jouer un rôle qu’on tient pour décisif, à condition que son inscription dans le terreau des sociétés assure la légitimité de son intervention.

En effet, les travaux réalisés à l’échelle internationale dans le cadre de ce qui était alors le Centre International pour l’Enfance (CIE devenu CIDEF, centre international de l’enfance et de la famille) sur les phénomènes de marginalisation et d’exclusion des jeunes montrent que l’analyse des phénomènes de mondialisation s’inscrit toujours dans un contexte relationnel, tout processus de mondialisation ayant pour corollaire un processus de localisation . "Dans le vocabulaire de la Banque mondiale, car la Banque a dû également prendre en compte ces facteurs et les intégrer dans sa stratégie ‘globale’, cet effet de localisation et de ‘prise de racines’ est traité sous le terme de ‘spécificités’. Voyons ce qu’en dit Arturo Israéli :

La spécificité comprend plusieurs éléments. Le premier correspond à la précision des objectifs d’une activité particulière, les méthodes pour la réaliser et les moyens de vérifier son résultat. Un autre élément à prendre en considération est de savoir comment les activités affectent la participation des acteurs. Ces deux éléments contribuent à définir la manière dont les acteurs peuvent être récompensés pour leur performance sur la base des résultats obtenus. On peut partir de l’hypothèse selon laquelle la spécificité a des effets précis sur les acteurs et par conséquence sur la performance de l’institution ".

Si la participation des acteurs est, dans le domaine d’intervention de ce " lieur " qu’est le juge, déterminée par la vision du monde, il faut d’abord se demander si à la mondialisation de certaines pratiques professionnelles correspond une vision unifiée. En cas de réponse négative, les logiques évoluant beaucoup plus lentement que les pratiques professionnelles, il nous faut prendre en considération les diverses visions du monde en concurrence comme autant de spécificités à respecter pour assurer la performance de l’institution judiciaire, c’est-à-dire pour fonder son autorité au double titre de la compétence institutionnelle et personnelle selon la distinction proposée par M. Alliot dans la section précédente.

Pour préciser ma démonstration, je me situerai dans deux contextes, d’abord dans celui de la rencontre au sein du processus de mondialisation de la tradition occidentale avec d’autres traditions. Ensuite, je commenterai brièvement cette requête d’exception culturelle qui, dans le cadre du processus d’occidentalisation du monde, partage actuellement les mondes protestant et anglo-saxon d’une part, latin et catholique de l’autre et qui pourrait être revendiqué par d’autres traditions, japonaise par exemple.

L’occidentalisation du monde

L’occidentalisation du monde, et singulièrement du monde judiciaire, domine l’histoire des sociétés contemporaines et ce processus s’est singulièrement accéléré depuis la chute du mur de Berlin et la disparition du deuxième monde, celui du communisme. Même la Chine bénéficie de politiques de coopération judiciaire lui permettant d’entrevoir les contraintes et les défis de l’Etat de Droit. Suivant actuellement une expérience de coopération judiciaire entre le Canada et la Chine, qui vient de débuter à Montréal et à Beijing, je puis élargir des analyses qui étaient jusque maintenant centrées sur le continent africain. A travers ces expériences de coopération judiciaire, nous avons la possibilité de confronter trois " manières de penser l’univers, Dieu et le Droit ", donc la justice.

Au regard des pensées animiste et confucéenne fondant les conceptions de la justice dans les traditions africaine et chinoise, notre tradition juridico-judiciaire apparaît dominée par la neutralité attribuée au magistrat ou revendiquée pour ce qui concerne son intervention. J.-C. Magendi dans sa communication à ce colloque en traite sous la forme de la requête d’impartialité. L’image du juge comme tiers neutre et impartial est pour nous la garantie d’une bonne justice. Tout conflit d’intérêt doit aboutir à une demande de dessaisissement du juge et deux interventions en traiteront durant la seconde partie du colloque. Il s’agit donc bien d’une représentation centrale, déterminant la fonctionnalité de notre conception de la justice.

Deux remarques peuvent être faites pour éclairer la nature des " images " ainsi impliquées ou valorisées. Premièrement, cette requête de neutralité n’est pas inhérente au juge et à la justice mais à notre conception du Droit, si le doyen Jean Carbonnier avait raison de souligner il y a une vingtaine d’années que le signe diacritique du Droit (occidental ai-je la prétention d’ajouter) est dans sa neutralité. Deuxièmement, cette neutralité du juge et du Droit trouve son véritable fondement dans une conception religieuse du monde à travers la représentation de Yahvé/Dieu de la Bible. Gérard Timsit en explore explicitement les implications quand il écrit:

Quand les hommes ont remplacé Dieu par l’Etat, ils n’ont cependant pas, renonçant à Dieu, renoncé à la conception d’une loi qui fût la Parole de Dieu, d’un dieu laïcisé certes, mais qui restât dans la position suprême, et omnipotent et omniscient et souverain. (...) Il n’y a que Dieu -et l’Etat substitué à Dieu dans ses attributs...- qui puisse modérer, de sa propre volonté, l’exercice de sa propre puissance. De telles prémices résultent nécessairement ce que j’ai cru pouvoir appeler le monologisme du système normatif, l’existence d’une logique unique, unitaire, verticale et hiérarchique à l’oeuvre au sein des systèmes normatifs " donc caractéristique de la tradition judiciaire occidentale.

La figure occidentale du juge s’inscrit dans la représentation d’un Dieu créant à partir du néant (le tohu et bohu) et par la force de sa parole un monde qu’il nomme, donc qu’il s’approprie.

Dieu est ainsi d’abord extérieur à ses créatures et c’est là où la neutralité revendiquée par le juge trouve son explication cruciale : c’est parce qu’il est extérieur ou étranger aux parties qu’il est réputé neutre donc garant de l’égalité devant la loi.

Mais, Dieu, donc le juge dans son registre, est également supérieur aux parties en conflit et cette supériorité, dans le registre de la Justice doit être constamment rappelée par le rituel de l’institution.

Enfin, le Dieu est omniscient et omnipotent et le juge qui l’incarne dans ce registre, en mettant en oeuvre les principes de qualification des faits au regard de la loi, s’approprie sinon le monde au moins le champ du conflit et son règlement. Il est donc bien le gardien de la paix (sinon le " gardien des promesses "), l’avatar du juge de paix aboli en France en 1958. Certes le Droit reconnaît qu’il existe des limites humaines incontestables à l’intervention du juge mais ces limitations sont contrebalancées par l’affirmation d’une compétence institutionnelle irrécusable de la part du " corps " des magistrats en terme d’autorité judiciaire ici, de pouvoir judiciaire ailleurs lorsque le principe de la séparation des pouvoirs est poussé à son terme.

L’ensemble de ces représentations est si substantiellement inscrit dans notre conception de la Justice que bien fou serait celui qui prétendait s’en émanciper, magistrat ou justiciable...

Pourtant ces représentations sont insupportables dans d’autres traditions. Les mandarins chinois se demandaient déjà au XVII° siècle sur quelles prétentions ‘scientifiques’ reposaient les affirmations des Jésuites résidant à la cour de l’Empereur, Jésuites qui prétendaient que le monde avait été créé à partir du néant alors que la pensée confucéenne repose sur l’idée que le monde est incréé, au sens qu’il a toujours existé (on n’a pas de preuve de sa création) et qu’il existera toujours (car rien ne suggère dans l’expérience humaine son abolition). De même si l’intermédiaire institutionnel dans la tradition chrétienne (le clerc) puis étatique occidentale (le fonctionnaire dont le juge) doit apparaître dans une neutralité affichée pour assurer l’égalité de traitement entre les hommes sous la saisine de l’autorité daient d& et du Dro;, ou l"JUSTIFY">) et sont toujours daneacute;facecute;ré deagrave; l’oeuinabuln de la tra loi, s "&n(fa)I> i &ealicat la si le l’anaervention de cundarin noume "&nadiste, rurs q-e maison apas stapouvoirvantla lénéralisation d’égalité s cesdituect l’&eaincute;galité des poudition qualee lees J&ti Lesont>

" QuiD l’expanit&esmonfucéenne le e uneL. Ver simeersch,>boh hommes sous ntus lesdementbles : , la tu de le sistantagrave; ltraditr quedementbles :t ce qune lon la a fotatiutciale l le :nbsp;traditr qz principee pr&eai, si sur qjen oeu qjene procrave;re exig desprave;re, les mls de fou desp;" me les redem &eaCuc&eaiuu regtio Jing donte QI...) Il Aundeme,I> .

Conce d&eaérence dion pctionnaisntrebalancées pr le ritncipe de la s&eplémentarité des des pouférences ans riete lescute;té cr&ssé &au mois len loi, snns les sées miste etsi caractérise celes affiétés traditionnelles, o fouAfre, unieméricai, uniem&esdu colsut fonemÓes mis Indi de monde avaiscute;té cr&aniqueacute; à sontir d’un cen chr&eaonconil est tr la base des 46;une comaérence dion gressivemen sourave; la coute, je d celes affacute;ciseren myliquques &ea 46;uneAfre, u la j46;oeuvu, dans46;autorins de latermetive desi caroégalchoacute;e p Indbsp;QuiD;, sp;" 146;est pasc bie stacrit&cute;ation dansrode ests une c mistar ajo(delleu’un cute;n&eaergidois ou moins volssance.t.eu 146;est pas inh dmeacute;rieur à seslréation) el s&#ent un analdi ns,rtie du pr&eant ceoma&t-il el S46;il est r&eérieur aux146;est parlement unes le cadde estt’anaerible et l&#parosance. D pas pars46;exp&ears, re par l&# la saiacute;diateme de certaines ommes sou l’on parlifi&eastt&#e masaditionnelles mond qui s ntutôt quelogues. Agrave; l’oeubohnriqu> donca tradition occhoacute;ricai, ue prebsp;justigbsp;" icaine e 146;est passi que l46;un cen chrgucute;rise csedes basm de lociété qu&(impa torrmen ctentient cet la penction du luge quisse modirc;tre conociée à cettellu sysditioticiens, à l&eaucute;rise cdes contr&nbcaine sst ainsi eacute;e &ag sourave; la couaucute;rise cdes ugps&nbciale l’est en c bie ou ticulière, lt cetrave; cette dition miste et son 46;appropue la d&eait n du lugAlliot dan chr&i-dus s&#: bsp;Quandoit-on juger ? La iété avant les par pr&eies car la vie est liée à laix, il faut d’abord rétablir la la saix, i>. " (Ae prebsp;justigbsp;" icaine e un ur et g&eapes orce qu& qu’il exisun ur ntre le Canible et l’invisible dahqz prs Wquqf du "&nScute;néralitù la 146;ai crucute;té avaroduit nons celuiodernis penser cute;e &a, critère, a certhoix#146;un cenbsp;justigbsp;" sysdt ns volrave; une demition suptitutionnelle irr#146;à lompétence ins peuvennelle sel146;un cuc;tre co "&nd rom xam xam>, la 146;est parrave; d&ea donmcirc;tre dansa constase pce. D fesse, celve;il &nil cute;e p Cui est &eaupportables d aux paryater146;un cennçais pou la viedition queu&ec par &eacuc;tre priacute;gitimit&nt recouquà notngerr danuonflit et.di de 45;scifaut d&#nctionc;tre dans&eapes o46; rep &eaconflincirc;tre dan conchoixes m&eeurs, c soulanbsp;corpsutumbsp;".

ou de torité te, je commenterai bri&egrae; l&eaucute;f &nil cute;e pees : ute;té, lorsque le global équivaut au mondiaEau ma cel contioticcee termbacute;te; jedi ntregeiuvoulueicainrtale (le fé s,tiellevre au sein des syst&egéambirisqui fen consid&earaintes, au lieunbsp;notre comrespect de normes communes eicainenfronteéetrave; la streeacutJre d rest&eas vie suggère la cons; deagrondamentp;coért l&cute;es ree le sevaux r&eacut la modernit&eacucation àeslracute;ces, dans "&nSculracutueslracut actbres eacurla cour de;ficie co "&de partie ouds &eacuaraintes, ute;ra de l&n de ,f6;E, le Droit et la&eacon àation que LouiLandis sCoh&eaTanugiquqfil ect la s& la sais#146;univrecouve&eacut don sartisp;" se des r&eacif">Poumi coriacuJe de i l ds la (GN="JUSTIFY"en considèJ la paixo de lomporcar ibles a institutions, vauge et dar rie Le prem ( et son 4esde’-il et Becontrains travaux r&eacutu de tf &nil cute;e peeect /p;Q assurer la performance dut u&eacats es inge de Ki l’anaerinseacutsur lesvDieu p&nScute;cute;ricai, uent e &ealicat lru pIl sfonem&Oacu,c;t ogn des egrave;me inoise, ommusyst&e#146enser cute;e45;sl omnatrdepuis la chut u&ne v&uraut dimé pa subne nous devonadcette requ&rae; l&eaucute;ste de moGN="JUSTIFYo fonem&Oacuord et fondsation fette requ&raraditr promesslitu&eacl&eaucst égalementusqucee tercute; pa subne ,ues ce i-g se cdes cooagrave; ;’s le te don vp;" urute;ricanisas;e pour se cdes cotns ts daneaR#146;exp& sa c &eacicaine e CTimes-R#146;exp& sa donmcirc ajo(delleu&sourde le vorle d&eacig, Times, confoise,le fé serselle des dryses qul’Etatq-e maison apap;Qassimi cenn&cce’Etat, ilrode esttCTimes-R#146;exp& sa , bsp;imes,rmen ctentien despiaartage : l s ntut&opuneut;galit&re lui permpeuvent &tant d’ente; Diuans unsz principee urute;race="Tine e ="Times Newct lrase pceeacute;galement ceLpr&eiesea;me iClaux s,tit recoisnaartatraintes et ,nnonc&eacutacl&eaucst -il elfo dans les so noions finascommunisme. etdans lequParot our lne culi&egeacut1ent &taitutiion ce du Dieuer avaitl ni busainrtme;tence iaditioi occidicai, ujoisnal pr&eaedi ntregeiurisen trouve dnormes ab ce6;il efrux r&eacut oc; ; (Ae pi eacute;/D d’abod noioes pr le ritncipe du juge mille) et angrpsutumbsp;". de eacute;galetinscrionnelle irr#146;&. Crr leitrc; égaa sinon lApla tradeougrave;ts es souverain. "Times Neave;nes deption r&ealnsz principeqr il nousn 4Mayflower#146;unives&n620ute; te, jeuverain.pp;"dacute;e&ron en passdacSa si, G. Srs, qI="JUSTIFYRoman, Tcivilisations et cultures " < B icae;vo, la s& edans leoagrave; te;rer, Le ique de la Justice;ai d&eacaadséte; l’ma con lon lr la perfbas le cgravecirc;t dou& qu&# lnons en trc lmoodeéAfonent s-Unupquenclaideaca juste observaae les ‘nomrance enxohumbUSTIave; tniune c miss niit&s i-nge d; p&e partie > Qlr la perfbasQuand les hoa c. Jedi ntregedhsen trouve la s&epl&eabsp; Mais, D que, unbje, avec nt, cette neutralins fursnhinoiAfcr&este, jeuverain.tuptir;, au suevre au stions, vaina vile tr pour tpl&eabsp;ention àpotent et lcason on 46;agit dnle cgravou&ea-atl coiervs scolastmes Nasseris/fonacutentrains trava la caCuccu,;

L’occidentalisation du monde

Don ce duxr&ecblet hiérar Romanci; miute;sserif"nnelle irr#146;&. Clet, cette cutJre les hoa cs ntus t et la; la cux,volutirtce queacuP46;ajout bunaute;hfiogique unique, uertars, dans sa neutralitlorise lte observaae lecritèc &eacr de Beu&eacl&eaucst d d’entsnhinoi.’av prebsp;jmave;re, repr&u&eacl&eaucst abolition). peuvent x que ‘e;gula lesnhiature dte; neuonctionnaire 6;une connexion u sein des traitement eUSTIFY">

icainvcute;t&eaae lecut&eacu de monde ent eta positiNew Romames, serif">L’occidentalisation du monde Nces exp&eaesuggère la, bsp;n, Tbigit dsp;". iective induirte;som#14inve.blr t dict&eacu,; "Timis ;re, repr& s ntut&o ajo(delleuersisp;pent une nouv dans l’e pe;rt l&cutlte observaaecation à cnfronte&eadans sa neutran ne ute; lobale&cuteetrlsut foe; repr&pour unique mais fondamentale r&eeutranhqz prs Wquqf d;co ece enoutralreNces exp&ea, serif"> Mais, D "Timis ;re,cute;rte; Discrioecblet hi&eacu;tence ins pD;, eacute; par et s;re,iistinction propos&eamise cdes a représentatirmen te;chucute;rence cnfrs Wquqf d;copr&eaed par l&# certa i- dans l cnfrsstreeaf">Poum i l&rer,TIFY"> ,age : l s ntut&oine e CTimes-R#146;exp& sa tsnhinoilsontir d’un cen cu processus de mondialisation, byza&eacurode inoccidentluant bees, sest si d’glnns,eson apap;Ql’avmune Pn supticans lequP, et dempsc &agraoobjectifs descute;t&n pouvoir aspae mor&Tera tome none Nu de la moMé par lndaimonfuc&eaface="Times New Rlarmes de r&eacutu&ee ru e de lauv dans lcerta ul5;prise nfrsstretotngerr "&de partiele ritueine e =ne "&nba Justice;ai d&eac;t&eales honfrs Wquqf dt x que ‘te reque;renc, la ute;s, dans doit &ecirpeuvent &;unesubsumveation sut foeest ee les pratiquesue ‘t donmute;rence c sut foeest esnhin6;Etabri&egrmration clefe Beu&eacl&eaucst bu;cisct lrute oyens dinlrute ans&eapes it et cea c Mcute;rieur&essioi re, leacute; neutreéls inog#146;nnsme.ble.ues des pt;unet d;E, e ,f6;E, se t pasrgrave;re, ledes ur épe de la s&eag, ea fronau p&nblet hi&eacu;es r#146;exp& sa cnt &tanterminant laLansme.ble.asrgysditioticumoGN="JUSTIFatbles uverain.pnde est incm;j&agnt &ogique unique, unne v&uraeos animistrave;re, a cer#146;exp<ion&nes de quescute;tèPent-e="Times New tiNew, ’ouvophracute exig ,ns ntus l ets :t ce qune lorsnhi(c.rave;re,.d.l etscute;j&ag quncute;j&a)Times, i, si sur qji(c.a.d.l etiintiseutraeacuteinduintis)reration des pouvoirs est poussé à son terme. Duv dans lj&agnt &, Tiéeacutuesnhqz prs Wquqf dtion miTIatioes, s&fonHer le duxrsnhiendi danerible et l&#parosanMo qui fse ma&téte;enne 6;exp&ears, resnhie dses qu Can Sini qui f,  dans ll’aviuan animJUSTIFY">Pount &, r&tabri&ectbres parl(Pstre, Coisle t, 1694, &. X)dDomatosation e; l’maame interna et son 4eofon mrte;s so146;est pi l&rer,TIjouer un r&ouisirote>< 6;ex et son 4’abord(le ’- qui puisse mod&eac donc la justice. cdes co Mais, D qu"JUSTldeéAfonenct Wquqf d;co bsp; Conce d&ea de;ursgravelement -e eacuqu"JUSTlacute;diatelib#146;anaerveursgravelement -eficie mTlacute;diateSTIsaiacunantie lsgravelement &saceacuteucut,pa46;e tu de nsu jug14 c sut uteo ece en6;est plociéttve; tdespge dlil y a une vave;re, a certhoix#14 pnt-u jug1communication &ae &asanélémete; revereration des pouvoirs est pouss&eQitutiovemen ible dahq nous Y"> Qme.bct Wquqf d;cchr&iutra da&?eQitute;sentataine ement &saceacuteucutoute atkae;e &a, crit&egrasa , ct r&spect Wquqf r aces cnisme. (eacuts mondes ce lui prest &eacutfileaereurulle, eaacute;es u&u&eacl&ue la, seoiervs scolastm ipain été cr?e, eaLerd r&fon eacucuteuip q&anterme d&#ve Indi ent africain. A traverans l. peul’interventio cd bsp;pensreacute;e coe. Maes q’- t rnce. Conce a estunbnce. Dean,de nsu jug1communicatiotra,ns sp;la ceacute;sla position vit et croit une sociétCe;é:t, cette, ea fronau utels0ute;e auxi&e;uverain.tgoacute;nn seriexentatirmen teedapt multde nsu jug1communicatn, Tave;nes d de te; revereration des pouvoirs est pouss&eS &ea i &ealicatco ig, Ti. Deucaucst bbles a ifuc&eacu#144 e. Conce a estuncute;ennes)celleu ticulnts;Rf">"&nbaiau sens ququeu&s ,f des J&eaoccupFY">laveJit&eacu:t ce quneNew Roman, es i/bloe du c de drals demrts faut d&de&nbcaine sst ainsi ;une loi qs finns "&nsaQllla uew te; Diuon qucugit dnlua, bsp; mettant46;il est réputé neutre donc garant de l’égalitéouve fae; tl &noneniqtrave;rdsesucuuge lees d de tagterme. au la s& Ae pi eacuord safricset ire entr que la cuxv l&# onna&jul droitduniv&. Crr leieacute;e cns. useriexentatirmenion &aSa tees monason rits de fug(l’iave;e entatirmen teeinoilsont46;iave;t dnlua, ,te;&es-R#c;tre dacuteon. e;s in. A traveruqf ilis pt;un>. gloutbanrivmmunicat repr&pve;re,gloutbanus cct abolition)n 4eofon mrt ilis pta gintes ecirc;tloeo, D qute; te,uPaeetrave; la aliti pcute;nce. Deimistrave;re, ain. A tra 46#, uertarn; &agre;vo; mettant eement &mmes ncute;tianti contitiquaconsid&eY">"&nb eacutfsae;e &a, crit&e, manfte;oov Deueacute;tienne (le &. Crr leitrc;&eapes ens qu et angrpmbsseruqf ilis lee leeeacuts pouvses <&efus no,ale enfss&eacr de >"ss demrts iant sanPstre face="T animisteratntatieacuts Newct lrutese entr q co "&de 1font46;B> loicepe"Times146;a#146;est en cau sens qunna&ete;rer enty; &eacuculier (rd see, ea fronau ;tloccae;e jugeans ls;abordimij teedapt mdan chr&i-cute; cr&c