(largement dû à Jean-William LAPIERRE et Jean-Louis LE MOIGNE ; qu'ils en soient remerciés)
Modélisation
systémique : Définition usuelle
La modélisation systémique caractérise une des grandes
méthode de modélisation contemporaine, ("modéliser
un phénomène perçu ou conçu complexe comme et
par un système en général"). Elle veille à expliciter
"les points de vue" que se propose l'observateur-concepteur qui la met en
oeuvre et à souligner son propre projet, qui est de proposer une
des formes de compréhension intelligible du phénomène
sans prétendre "l'expliquer" (cela se passe "comme si", et non :
cela se passe "comme cela, et seulement comme cela"). Elle est donc "explicitement
fondée sur deux hypothèses de base :
- phénoménologique : elle cherche à rendre compte des
fonctions et fonctionnements du phénomène : attitude du physiologiste
plutôt que de l'anatomiste.
- téléologique : elle cherche à expliciter les finalités
(qui peuvent être de type causal strict, le système ayant alors
pour fin d'obéir aux lois externes qui le commanderaient !) qu'elle
attribue au phénomène modélisé en veillant à
les différencier explicitement des finalités de l'observateur-concepteur.
Elle sera donc plus attentive à la "cohésion" (ou congruence)
sémantique qu'à la "cohérence" formelle du système
modélisé. (Exemple classique de la "double négation",
le contraire du contraire d'un énoncé peut n'être pas
exactement ni uniquement cet énoncé d'origine).
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Action d'organiser et de s'organiser et résultat de cette action : la définition des dictionnaires rappelle en peu de mots la richesse... et l'intelligible complexité de ce concept formé par la médecine du XVe siècle pour rendre compte de l'activité multiforme de ce "système d'organes" qu'est un système vivant. Depuis le mot s'est déployé dans toutes les disciplines, se stabilisant parfois pour ne désigner que "la chose organisée" (la structure, ou l'ensemble structuré d'une machine ou d'une institution sociale). Mais il apparaissait vite que l'organisé, s'il se "désorganisait" souvent lorsqu'on n'y prenait pas garde, était aussi "organisant" et même "s'organisant" : l'idée d'auto-organisation était déjà dans les premiers usages du mot, en particulier au début du XIXe siècle, avant que les théories de "l'organisation dite scientifique du travail" (OST) ne semblent la pétrifier au début du XXe : l'essor de la cybernétique puis de la systémique allait redonner à l'usage du concept d'organisation la vigueur et la complexité qu'on lui connaît aujourd'hui. |
"Quelle est cette énigme dans cet univers de catastrophes, de turbulences, de dispersion, et qui apparaît dans la catastrophe, la turbulence, la dispersion ? L'organisation. E. Morin. 1977. "L'organisation, la chose organisée, le produit de cette organisation et l'organisant sont inséparable". P. Valéry (1920). |
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La définition synthétique la plus complète dont nous disposions aujourd'hui est celle formulée par E. Morin dans "La Méthode" : propriété d'un système capable à la fois de maintenir et de se maintenir, et de relier et de se relier, et de produire et de se produire. Définition fonctionnelle et systémique, qui permet d'échapper aux descriptions de la "structure" présumée invariante et quasi indépendante de l'activité du système, que privilégiaient les définitions analytiques ou anatomiques classiques ; définition qui incite à considérer les structures dans leur permanente genèse, ainsi qu'y invitait J. Piaget ; définition qui permet aussi de rendre compte de la dualité de cette "génétique organisationnelle" : l'organisation est conjonction de "différenciation" (en composants fonctionnels spécifiques) et de "coordination" (ou d'"intégration"), construisant son "identité-intégrité" dans cette conjonction. |
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Les représentations de l'organisation seraient donc toujours des "coupes" à l'instant t, dans une histoire dont l'organisation peut souvent garder mémoire : les réseaux articulés des processeurs en interrelation par lesquels on la représente commodément devant s'entendre dans cette "chronique". |
Output : voir extrant
"Constructions de l'esprit agençant propositions, principes et conclusions qui forment un corps de doctrine, ou une construction théorique qui rend compte d'un vaste ensemble de phénomènes".
"Ensemble de concepts présentés sous une forme coordonnée selon une règle donnée".
"Méthode de classification fondée sur l'emploi d'un nombre restreint de critères.
"Ensemble
de méthodes ou d'appareillages organisés et de pratiques
et procédés, permettant d'assurer des fonctions définies
(en vue de résultats)".
Depuis Condillac ("Traité des Systèmes", 1754), "le système
est ce qui permet à l'esprit humain de saisir l'enchaînement
des phénomènes"). Mais l'audience du concept d'ensemble
mathématique depuis un demi siècle a fréquemment
conduit l'usage récent à une "réduction" de la
notion de système à la notion d'ensemble ("un système
est un ensemble ordonné d'éléments abstraits..."),
ce qui a souvent stérilisé en pratique les développements
contemporains d'une théorie puis d'une science des systèmes
: si "le système est un ensemble, on n'a nul besoin d'une théorie
des systèmes : la théorie des ensembles est bien construite
et elle fera l'affaire sans s'encombrer de synonymes redondants !).
Un retour aux sources des définitions usuelles (l'Encyclopédie
de Diderot d'Alembert y consacrait un long article de 40 pages !) s'avèrera
en pratique fort bienvenu, surtout si l'on souhaite prendre en compte
les développements récents des sciences de la complexité
(récursivité, émergence, auto-organisation, évolutivité,
imprévisibilité, etc.).
