Jean-François NOËL
Université d'Angers & C3ED, Université de Versailles-Saint
Quentin en Yvelines
La recherche du développement soutenable, c'est-à-dire d'un développement économique compatible avec le respect des contraintes écologiques et d'une certaine cohésion sociale, a d'abord émergé dans les milieux des organisations internationales puis s'est objectifs ont été repris par les états. Un des traits remarquables de ces dernières années est l'élaboration des stratégies de développement soutenable de la part des firmes industrielles et commerciales ou d'organisation professionnelles de branches.
Ces stratégies
sont des stratégies pro-actives, en ce sens qu'elles ne se bornent pas
à réagir aux obligations de la réglementation ou
aux instruments économiques (taxes quotas, etc.) des politiques de l'environnement.
Ce faisant, elles ont bien quelque chose de commun avec la recherche de la soutenabilité.
On peut distinguer trois grands types de stratégies dans ce domaine:
Une étude plus
approfondie de ces stratégies pourrait mieux expliquer comment s'effectue
l'intégration de considérations écologiques, économiques
et sociales dans la gestion des ressources et la prise de décision des
firmes. On a là, au niveau des firmes, un aspect important du développement
soutenable.
Dans la mesure où elles intègrent des préoccupations de légitimité sociale, les stratégies environnementales concernent également l'aspect social de la soutenabilité.
Enfin les stratégies
environnementales des firmes sont liées à des enjeux importants
pour celles-ci. Elles doivent correspondre à leur capacité de
gestion de l'incertitude, tant au plan des risques commerciaux (produits nouveaux)
qu'à celui des responsabilités (en cas d'accident par exemple).
En conclusion, on voit donc que les stratégies environnementales des firmes fournissent la version "managériale" du discours sur le développement soutenable. Cependant, cette récupération ne va pas sans tensions, d'un côté avec la nécessité du profit, de l'autre avec la notion d'intérêt public.