|
Présentation
Les équipes
On pourra trouver les mises à jour sur la
page d'accueil (Présentation
du GEDIM), ainsi qu'au fil des Bulletins du GEDIM (n° 1,
n° 2, n° 3,
n° 4, n° 5)
et des Rapports annuels (2001, 2002).
Evolution vers la Catedra UNESCO
Projet
de Chaire agréé par l'UNESCO
(2003)
|
Présentation
Dans la Présentation de lune des plus récentes
publications en matière de globalisation, M. Michel Beaud écrivait
que la récente crise brésilienne avait ravivé le
désarroi face à la dynamique largement imprévisible
de la globalisation. Il ajoutait :
« Limites, sociales, limites économiques,
limites boursières, limites financières : cest pour
des dizaines de pays déterminants, un petit nombre de grandes
régions et le monde quils structurent, quil faudrait
les analyser et tenter de mesurer si (et comment) elles pourront être
repoussées ».
Et plus loin :
« Parce quil manque dinstitutions
adaptées aux nouvelles configurations que son développement
dessine et donc susceptibles dassurer les régulations nécessaires,
le développement national/continental/mondial du capitalisme
se fait, en cette fin de siècle, sur la lame du rasoir ».
[GEMDEV, Mondialisation. Les mots et les choses, Paris,
Karthala, 1999.]
Cest exactement ce que ressentent des chercheurs, des administrateurs,
des praticiens, des dirigeants qui se sont regroupés dans le présent
Projet ou se sont associés à lui. Cest à trouver
des réponses à ce type de questionnement quils voudraient
contribuer par le moyen du Projet ici présenté. Or, si la
globalisation a beaucoup été étudiée, déjà,
elle la rarement été par des équipes formées
pour une bonne part de juristes travaillant dans linterdisciplinarité
et, qui plus est, de juristes du Cône Sud de lAmérique
latine où la globalisation opère avec une particulière
sauvagerie.
Les transformations contemporaines des contextes sociaux
et économiques de la régulation juridique ont révélé
une crise des formes traditionnelles de décider, de gouverner,
dimplémenter des normes par la voie classique du droit. Ces
modes classiques de décision sont, en effet, liées à
la conception communément admise de la souveraineté étatique.
Or lefficacité, voire la validité même de ce
concept sont aujourdhui mises en question par le processus de «
globalisation ».
Nous vivons un temps où la gouvernabilité
assume une forme spécifique fortement marquée, dans la prise
de décision, par lincertitude quant aux conséquences
futures de laction ; une époque où les actes de gouvernement
se limitent trop souvent à un simple « pilotage » ;
une époque de déstabilisation, voir de déstructuration
des organisations publiques et privées. Le droit, lui-même,
sefface volontiers devant des politiques publiques dont lélaboration
et parfois la mise en uvre échappent aux juristes et aux
décideurs traditionnels. Régions, État fédéral,
États, provinces à prétentions identitaires, société
civile (partis politiques, tissu associatif, organisations non gouvernementales,
mouvements sociaux divers) interviennent de plus en plus dans la prise
de décision, sans que lon sache réellement toujours
très bien en quoi chacune de ces entités joue, respectivement,
son rôle de pilier de référence.
La globalisation pose donc des questions neuves, notamment
:
- celle de linadéquation des structures juridiques organisationnelles
et institutionnelles aux conditions de léconomie contemporaine
;
- celle de la transformation non maîtrisée des processus
décisionnels normatifs.
En dautres termes, les décideurs, tant du secteur
public que du secteur privé, ont un besoin urgent, au plan juridique,
dinformation scientifiquement fondée qui leur donne les moyens
de :
- penser des restructurations juridiques dorganisations (entreprises,
administrations
) et dinstitutions (famille, Justice, police
)
;
- échapper au sentiment dincertitude et maîtriser
au mieux le processus de prise de décision normative ;
- savoir, en conséquence, quand recourir au processus de création
du droit et quand sen remettre à des politiques publiques
ou à dautres formes de régulation sociale et économique.
Cest précisément dans cette perspective
délaboration de décisions pour un Droit correspondant
aux nécessités dune économie en voie de globalisation
concernant des organisations et institutions complexes, que le présent
Programme a été conçu. Les équipes de recherche
qui sy reconnaissent se rassemblent autour dun thème
obsédant dans les débats politiques et juridiques, aujourdhui,
au Brésil et dans lensemble du Mercosur : Limpact
de la globalisation des échanges sur les Droits des pays du Mercosur».

Les
équipes
- Glossaire des termes juridiques et politiques
créés ou transformés par le processus de globalisation.
Prof. Dr. André-Jean Arnaud, Prof. Dr. Eliane Botelho Junqueira
(PUC-RJ, Directrice de l'IDES)
- Restructuration du droit de lentreprise en
contexte globalisé. (rapport
final)
Prof. Dr. José Gabriel Assis De Almeida. (Rapport final 2003)
- La restructuration des institutions de contrôle
face à la globalisation du commerce illégal. Prof.
César Caldeira et Emilio Dellasoppa.
- Préalable à une restructuration de
la Justice : une carte judiciaire.
Prof. Dr. Maria Teresa Carcomo Lobo et Jacques Commaille.
- Privatisation, régulation de services publics
et les droits de la citoyenneté. (rapport
final)
Prof. Carlos Antonio Bello et Vera da Silva Telles. (Rapport final 2003)
- L'impact de la globalisation sur les droits de
l'Homme - 1:
Prof. Ielbo Marcus Lobo de Souza et Rodrigo Gonzalez (UNISINOS, RS)
- Tranfert de technologie pour une utilisation durable
de la biodiversité; coopération internationale et instruments
juridiques
Prof. Cristiane Derani (SP)
- L'impact de la globalisation sur les droits de
l'Homme - 2
Prof. Marcela Gutiérrez Quevedo (UEC, Bogotá)

1°) Constitution dun Dictionnaire
raisonné et encyclopédique des termes juridiques dont le
sens est modifié par suite des transformations introduites par
la globalisation.
Responsables : André-Jean ARNAUD et Eliane JUNQUEIRA
Il existe actuellement, sur le marché, quelques dictionnaires
de la globalisation : Dictionary of Global Climate Change, par
W.J. Maunder, publié dès 1994 ; The Dictionary of Global
Culture, Kwame Anthony Appiah (ed.), publié en 1997 ; The
Routledge Critical Dictionary of Global Economics, Robert Beynon (ed.)
devrait voir le jour en 1999.
Pour les décideurs, il nexiste aucun dictionnaire
donnant soit le sens de termes nouveaux introduits dans les discours et
travaux des juristes, des sociologues et des chercheurs en sciences politiques
du fait du processus de globalisation et de sa prise en compte par ces
communautés scientifiques et de praticiens (exemple : « globalisation
», « glocalisation », « gouvernance », «
transnational »), soit le sens des termes qui ont subi, pour la
même raison, une transformation sémantique qui crée
des polysémies souvent ambiguës dans lusage qui en est
fait [exemple « communauté » (Roger Cotterrell, A Legal
Concept of Community, in Revue Canadienne Droit et Société,
12/2, 1997, p. 75-91), « souveraineté » (Anuário
Direito e Globalização, Edit. Renovar, Rio de Janeiro,
vol. 1, 1999)].
Il est donc fondamental dentreprendre la constitution
dun lexique de référence pour tous les acteurs du
Programme. Ce Lexique est en cours de constitution et comprend les Commissions
de travail mentionnées dans les derniers Bulletins du GEDIM.
Le Lexique sera, dans un stade ultérieur du Projet,
et de manière concomitante, transformé en Glossaire, puis
en Dictionnaire, selon le procédé qui fut élaboré
pour le Dictionnaire encyclopédique mentionné ci-dessus.
Lédition bilingue portugais/anglais est prévue chez
le même éditeur de Rio de Janeiro.
Commissions de travail/Coordinateurs:
- Reestruturação Paradigmática em Ciências
Jurídicas, Sociais e Políticas
André-Jean Arnaud, Tércio Sampaio Ferraz Jr., Selma Ferraz
;
- A Produção e Implementação do Direito
e das Políticas Públicas - Relações Internacionais
e Direito Público - Consumo
Celso Campilongo, José Eduardo Faria, Carlos Milani, Oscar Vilhena
Vieira, Ronaldo Porto Macedo Jr, Guilherme Leite, Carolina Cadavid
- Globalização, Direito, Ciência Política,
Eliane Junqueira, André-Jean Arnaud
- Globalização Econômica, Direito Empresiarial;
Integração Regional
José Gabriel Assis de Almeida, Dan Kraft
- Campo Penal, Controle Transnacional. Vitimização,
Atores sociais
Wanda Capeller, Ester Kosowski
- Espaço Judiciário
Eliane Junqueira, José Ribas Vieira
- Relações Privadas
Gustavo Tepedino, Maria Celina Bodin de Moraes
- Direito Fiscal. Tributação Internacional
Roberto Ferraz, Eros Roberto Grau
- Direitos Humanos e Minorias, Meio Ambiante
Luciano Mariz Maia, Ester Kosowski, Laura Gil, Cristiane Derani, Ielbo
de Souza
- Direito Social e Relações de Trabalho
Pierre Guibentif
André-Jean Arnaud est Docteur en Droit, Directeur
de Recherche au CNRS, Centre de Théorie du Droit, Université
de Paris 10, co-Directeur du Réseau Européen Droit et Société
(Maison des Sciences de lHomme, Paris), Directeur du GEDIM, Professeur
Honoraire de la Universidad Externado de Colombia, Expert près
l'UNDP/SURF-LAC. Ancien Directeur de lInstitut International de
Sociologie Juridique dOñati (Espagne), il est historien et
théoricien du droit. Ses derniers travaux portent sur les effets
de la globalisation sur la conception contemporaine du droit et de lÉtat,
et sur la méthodologie de la recherche en sciences sociales sur
le droit.
ElianeBotelho Junqueira est Docteur en Droit, Professeur à
laPUC-RJ, Directrice de l'IDES (Institut Droit et Société,
Brésil). Spécialste du champ de la sociologie juridique,
elle a produit de nombreux ouvrages.

2°) La restructuration juridique de lentreprise
comme élément dintégration du MERCOSUL. Ses
conséquences en matière de régulation du travail.
Responsable : Prof. José Gabriel ASSIS DE ALMEIDA
Pour les entreprises, lactuelle régulation
juridique des activités économiques transnationales licites
ne donne pas satisfaction aux parties intéressées. La création
dun espace économique globalisé présuppose
un espace juridiquement uniformisé. Lexistence de normes
locales différentes augmente le risque juridique et rend plus difficile
la mise en uvre potentielle davantages juridiques, car le
pluralisme juridique est inconnu du droit dogmatique, et il est difficile
de connaître et dutiliser efficacement divers systèmes
juridiques en même temps.
On note une préférence des entreprises pour
limplémentation dune régulation supranationale,
uniforme pour tous les États et insusceptible dêtre
modifiée unilatéralement. Telle régulation juridique
présente, en effet, lavantage de simplifier la gestion juridique
de lentreprise. En outre, cette préférence va de pair
avec le souhait des entreprises dune perméabilité
des institutions du MERCOSUL à leur influence plutôt quà
une influence dinstances nationales.
Il faut compter également avec le souhait des entreprises,
que la régulation unique soit assez attractive pour les inciter
à en user.
Une nouvelle structure dentreprise ne manquera pas
davoir des effets qui dépasseront les purs intérêts
des entreprises. Une structure de ce type a, en effet, un impact sur les
relations de travail, par exemple. Surgissent des questions comme la représentation
des employés qui travaillent dans divers États face à
ladministration centrale de lentreprise. Par ailleurs, il
faudra également harmoniser la législation du travail interne
aux divers États, puisque une entreprise transnationale doit pouvoir
offrir le même régime à tous les travailleurs.
Si la création dune entité supranationale
savérait impossible, le désir des entreprises va à
une reconnaissance automatique des sociétés nationales par
les États parties.
En résumé :
La globalisation place lentreprise dans une position
tout à fait particulière.
Une économie globale suppose une législation
économique globale, cest à dire une harmonisation
sinon une uniformisation des règles concernant les
entreprises, dans tous les endroits de la planète où elles
agissent. Le temps et lespace se trouvant aujourdhui considérablement
réduits, il devient de moins en moins acceptable pour les entreprises,
en ce qui concerne la gestion du risque juridique, dêtre soumises
à des systèmes juridiques différents dun endroit
à lautre. De plus, il faut que ces nouvelles règles
soient adaptées aux particularités de chaque secteur de
lactivité et, parfois, adaptées à une entreprise
en particulier. Ainsi les entreprises agissent-elles auprès des
décideurs nationaux pour obtenir les changements nécessaires.
De ce fait, les règles juridiques qui encadrent lactivité
de lentreprise acquièrent des caractéristiques nouvelles.
Il ne sagit plus de normes générales et obligatoires,
imposées unilatéralement, mais de règles particulières,
parfois à caractère supplétif, et ostensiblement
négociées. Ce nouveau cadre juridique ne cesse de poser
de nouvelles questions, dont certaines font précisément
lobjet du présent Projet.
José Gabriel Assis de Almeida est Docteur en
Droit, Professeur et Doyen de la Faculté de Droit de lUniversité
de Rio de Janeiro (Uni-Rio), Professeur à lUniversité
Candido Mendes Ipanema, avocat aux Barreaux de Rio de Janeiro,
Lisbonne et Paris, spécialiste du droit national (Brésil,
Portugal, France) et international des entreprises.
Alexis Toribio Dantas,
Docteur en Économie, Professeur à lUniversité
de lEtat de Rio de Janeiro UERJ et à lUniversité
Candido Mendes Ipanema, travaille sur les questions concernant
lintégration sud américaine, notamment le Mercosul/Mercosur.
Márcio Continentino Lopes, Economiste, Professeur à
lEcole Supérieur de Tecnologie et Gestion de lInstitut
Politechnique de Leiria, Portugal.
José Ronaldo Ferreira Bezerra, Licencié en Droit
par lUniversité de Rio de Janeiro (Uni-Rio), Assistant de
Recherche à lUniversité de Rio de Janeiro (Uni-Rio),
avocat au Barreau de Rio de Janeiro.
Karina Albuquerque Leite da Costa, Licenciée en Droit par
lUniversité de Rio de Janeiro (Uni-Rio), Assistant de Recherche
à lUniversité de Rio de Janeiro (Uni-Rio), avocat
au Barreau de Rio de Janeiro.

3°) Recherche sur lorganisation sociale
de la criminalité transnationale et de son contrôle policier
et judiciaire.
Responsables : César CALDEIRA et Emilio DELLASOPPA
Le crime organisé nest pas chose nouvelle dans
bien des pays. Quand on pense à lItalie, au Japon, à
la Russie, à la Chine, on se réfère au développement
dorganisations qui datent du 17e et du 18e siècles. Ce qui
caractérise la nouveauté du problème actuel est la
transnationalisation du crime organisé ; on se trouve, ne ce sens,
en présence dun phénomène émergent non
seulement aux USA et en Europe, mais aussi, et fondamentalement, dans
notre cas, en Amérique latine et dans le Mercosul.
On peut vérifier un grand développement du
commerce mondial, qui a plus que triplé son volume en un peu plus
de trois décennies. Ce commerce trouve un levier, actuellement,
dune part, dans le processus, également très dynamique,
de développement de linformatique, qui réalimente
positivement celui des transactions commerciales, et, dautre part,
dans laugmentation de la vitesse et dans la virtualisation des transactions
financières, qui croissent à un rythme encore plus rapide
que le commerce lui-même.
Dans le contexte international, ces facteurs favorisent
deux tendances fondamentales des organisations criminelles : la maximisation
des opportunités criminelles et la minimisation du risque émergent
de lactivité elle-même. Dans la situation actuelle,
avec sa dynamique de transformations très rapides, apparaissent
avec évidence les avantages opérationnels comparatifs des
organisations mafieuses, qui, avec des structures verticales de commandement
extrêmement autoritaires, sadaptent avec une grande facilité
aux mutations de la scène internationale, assimilant les innovations
technologiques et répondant avec rapidité aux tendances
de développement du commerce des transactions financières.
Cependant, une analyse des divers types et caractéristiques
des organisations criminelles qui opèrent dans les pays du Mercosul
(voire dautres pays dAmérique latine) simpose.
Cela implique une étude de lorganisation sociale du crime,
dans le contexte dune structure des relations sociales qui ont nécessairement
des caractéristiques spécifiques pour chacun des pays concernés.
La criminalité organisée peut être étudiée
concrètement selon des perspectives diverses. Lune delles
simpose de par les potentialités quelle offre dans
lélaboration de politiques gouvernementales et sociales du
contrôle effectué sur larticulation des réseaux
mafieux et, tout particulièrement, de limpunité assurée
dont ils jouissent. Laccent est mis, ici, sur la participation dagents
publics à ces réseaux.
Cette approche privilégie létude des
mécanismes de contrôle exercés pour éviter
cette participation des agents de lÉtat dans les organisations
criminelles et la réprimer. Elle part de lidée que
labsence de mécanismes effectifs de contrôle et de
répression des agents publics sur les pratiques délictueuses
organisées (trafic de drogues et darmes, vol de voitures,
séquestres et extorsion de fonds, attaques de banques et de véhicules
de transport de fonds, etc.) découle de la contamination entre
sphère publique et sphère privée par la corruption
(et lextorsion). Lampleur et la signification
profonde de la corruption (et de lextorsion)
en termes sociaux sera lun des points de référence
de la recherche empirique.
En résumé :
On note que, dans des pays où saccroît
la pauvreté, lattrait du profit qui peut en être tiré
peut expliquer le développement des trafics en tout genre. Dans
la mesure où laccroissement de la pauvreté est lié
à lidée que cela provient du développement
de léconomie de marché dans un contexte mondial de
globalisation des échanges, il est important de faire la part des
choses selon une approche scientifique.
En ce qui concerne la criminalité transnationale,
un développement de poids du crime organisé est précisément
associé à la chute des régimes communistes de lEst
en Europe, fondamentalement dans les républiques de lex-Union
Soviétique. Là, leffondrement de lÉtat
autoritaire et son remplacement par un État orienté vers
une économie de marché ont créé un espace
pour lapparition dinnombrables mafias qui échappent
au contrôle (ce qui nest pas arrivé en Chine, par exemple).
Comme préalable à la recherche, on tentera
de délimiter jusquà quel point cest le processus
de globalisation, et non leffondrement des États (ou quelle
part revient à lun et à lautre) qui fut responsable
du développement du crime organisé. Un rapide mais sérieux
bilan historique de cette évolution permettra, en effet, de se
positionner plus sûrement et de donner une dimension accrue à
laspect comparatif de la recherche.
Sagissant plus précisément du Brésil
et des pays dAmérique latine, en effet, le processus de globalisation
économique semble encore quil faille le démontrer
être un facteur déterminant de la montée en
puissance des marchés illégaux. Mais, paradoxalement, limpact
de la globalisation sur les politiques sociales et de contrôle peut
être considéré également comme le moteur dun
processus susceptible de permettre la mise en place de nouveaux types
de contrôles qui savéreraient efficaces (plus précisément
ce que les anglo-saxons nomment « deterrance »).
Un élément de complexité est introduit
par le fait que le succès du commerce illégal, assuré
par la logique du profit, ne passe pas uniquement en dehors des institutions.
Il se fait, parfois, par une manipulation des institutions, échappant
ainsi à toute menace et parfois à tout risque
de répression. Une dynamique de la corruption senclenche
alors. Il semble que, à un certain stade de corruption dans les
institutions, le processus de globalisation et de régionalisation
du contrôle criminel est seul en mesure de permettre que soient
élaborées des politiques publiques articulées au
niveau des ententes régionales et au niveau de laction internationale.
En conséquence, à la nouvelle criminalité issue de
processus de développement du marché transnational et global,
les réponses qui pourraient être efficacement apportées
devraient être le résultat dune coalition dialectique
du global et du local.
Cesar Caldeira est titulaire dun « Master
» de lUniversité de Yale, Professeur à lUniversité
de Rio de Janeiro (Uni-Rio) et à lUniversité Candido
Mendes. Il travaille sur les questions posées par le contrôle
de la criminalité organisée.
Emílio Dellasoppa, Docteur en Science Politique, Coordinateur
du Programme dÉtudes de la Violence de lUniversité
de lÉtat de Rio de Janeiro, Directeur du Département
de Politiques Sociales de la Faculté dÉtudes Sociales
de lUniversité de lÉtat de Rio de Janeiro, conduit
une recherche sur la police de lÉtat du Rio de Janeiro pour
la CLACSO (Centre Latino-Américain de Sciences Sociales).

4°) Préalable à une restructuration
de la Justice : une carte judiciaire.
Responsables : Maria Teresa CARCOMO LOBO et Jacques COMMAILLE
Dans beaucoup de pays actuellement, la question de la Justice
semble constituer un sujet de préoccupation croissante si l'on
en juge par l'intensité des débats sociaux, des discours
politiques et par l'intérêt porté par les médias.
Les attentes à l'égard de la Justice se multiplient non
seulement pour ce qui concerne le traitement des contentieux mais, plus
largement, par rapport à la question démocratique et au
statut des États Nations. Le phénomène de la fragmentation
de la souveraineté et de la segmentation du pouvoir qui caractérisent
les sociétés contemporaines concerne, en effet, au premier
chef la Justice. Celle-ci est confrontée à la fois à
l'établissement de modes supranationaux de régulation judiciaire
ou parajudiciaire qui affaiblissent les possibilités d'intervention
au niveau national et au développement d'une internationalisation
de phénomènes économiques et financiers ou de formes
de délinquance transnationales qui constituent autant de risques
de dessaisissement.
Les Justices nationales se trouvent ainsi dans l'obligation
de redéfinir leur territoire, ceci d'autant plus que, souvent,
elles sont aussi confrontées, à l'opposé de l'influence
de la globalisation, à une pression à la localisation. La
multiplication des contentieux, celle des petits litiges, laccroissement
de conflits ou de formes nouvelles et diverses d'insécurité
conduit en effet à une « contextualisation » de l'action
judiciaire, c'est-à-dire à son ajustement à des contextes
sociaux, culturels particuliers.. Dans beaucoup de cas, cette «
contextualisation » est favorisée par la propre transformation
du statut d'un État de plus en plus segmenté, qui institue
moins et ordonne moins qu'il ne devient en partenaire parmi d'autres de
l'action publique, un partenaire non plus extérieur à la
société civile mais de plus en plus immergé dans
celle-ci.
Dans ce contexte général, qui incite beaucoup
de pays à développer des travaux de recherche sur ce problème,
nous entreprendrons une étude préalable à toute restructuration
sérieuse et viable de la Justice brésilienne.
Bien entendu, si une connaissance maîtrisée
des situations étrangères dans ce domaine des activité
de Justice doit constituer la base de réalisation d'un tel Projet,
il sera conçu d'abord en fonction des spécificités
de la société brésilienne et de celles de sa Justice
confrontée notamment à des expressions particulières
de phénomènes relevant de la globalisation, ceci afin de
fournir les analyses indispensables à la compréhension des
transformations de la Justice brésilienne et aux enjeux que ces
transformations représentent pour l'institution judiciaire elle-même
et ses magistrats qui y sont confrontés ainsi que pour l'État
brésilien tout entier.
La recherche sera développée sur trois axes
principaux :
- Une observation de la carte judiciaire brésilienne dans sa
réalité, c'est-à-dire les façons dont se
répartissent effectivement sur l'ensemble de l'État Brésilien,
les activités de Justice.
- Une analyse des relations entre la Justice et la société
brésilienne dans ses aspects polymorphes.
- Un inventaire des statuts réels des professionnels du droit
concourant à l'activité de Justice et de leurs relations
: internes suivants les types de professionnels (magistrats, avocats...),
entre types de professionnels, avec l'extérieur (échanges
avec la société civile, les forces économiques
sociales, culturelles, la sphère politique...).
En résumé :
En ce qui concerne la Justice, sil semble vrai que
des ajustements simposent, il nappartient évidemment
pas au présent Projet, den proposer une restructuration complète.
Mais un préalable à une telle restructuration passe par
une analyse des politiques qui permettraient de structurer une institution
judiciaire susceptible de répondre aux besoins nouveaux nés
des conséquences de la globalisation qui ont été
énoncées ci-dessus.
La situation nest pas spécifique au Brésil,
ni aux autres pays du Mercosur. C'est ainsi quun certain nombre
de pays développent des travaux de recherche sur ce problème.
Nous nous proposons d'engager une recherche et des débats sur la
restructuration de la Justice brésilienne dans le cadre de la globalisation.
Cette recherche sera intitulée « Carte judiciaire »
et permettra une comparaison précieuse avec ce qui a été
réalisé sur ce thème dans lUnion Européenne.
Maria Teresa Cárcomo Lobo, ancien Magistrat,
est Professeur à l'Université Pontificale de Rio de Janeiro.
Elle dirige un Centre d'Etudes sur la Magistrature. Elle publie des chroniques
régulières sur la Justice.
Jacques Commaille est Docteur en Sociologie et Directeur de Recherche
au CNRS (Groupement dAnalyse des Politiques Publiques, Paris). Il
est co-Directeur du Réseau Européen Droit et Société
(Maison des Sciences de lHomme, Paris). Il enseigne à la
Fondation Nationale des Sciences Politiques (Paris). Ses recherches récentes
ont porté sur létablissement de la carte judiciaire
en France (comparaison européenne).

5°) Privatisation, régulation de
services pulics et les droits de la citoyenneté
Responsables : Carlos Antonio BELLO et Vera da Silva TELLES
Sur le thème « Les autorités administratives
de régulation et lexercice des droits du citoyen »,
il sagit de confronter des chercheurs en sociologie politique, économie
et droit pour évaluer les politiques publiques selon lesquelles
a été effectuée la restructuration de la régulation
des services publics au Brésil. Les changements intervenus dans
la forme de propriété des entreprises (privatisation, prédominance
des multinationales) et dans les lois et institutions de régulation
(création dAAI sectorielles) ont redéfini les conceptions
et formes dexercice des droits du citoyen (notamment laccès
de tous à des services publics de qualité). Les relations
de marché semblent lemporter sur les droits du consommateur
et les mesures antitrust. La prééminence des multinationales
pose au moins deux types de questions : 1) sur les stratégies des
entreprises et le comportement des AAI : le poids que représentent
ces entreprises en matière technologique, financière et
de gestion risque de porter préjudice à la cohérence
et à la qualité des services rendus ; 2°) si lon
rapproche cette puissance des multinationales à leurs intérêts
mondiaux, il est à craindre que les pays les moins développés
ne bénéficient pas autant de cette globalisation que les
pays centraux, et que les multinationales nexercent des pressions
pour ne pas faire de dépenses ou investir comme cela devrait être
(le cas de lénergie électrique est très clair
en ce sens).
Les AAI sont une forme institutionnelle nouvelle dont la
création entraîne un questionnement de lÉtat.
Par ailleurs, lexpérience antérieure de régulation
des entreprises privées, réalisée par des organes
publiques sectoriels (liés aux ministères) et trans-sectoriels
(comme le CIP Conselho Interministerial de Preços, et la
Sunab Superintendência Nacional de Abastecimento) na
pas compté avec la participation de telles AAI et fut critiqué
par tous les courants dopinion (libéraux comme interventionnistes).
Il y a donc un défi : savoir si les AAI se révèleront
capables et politiquement adéquates dans la conjoncture de globalisation
et face à des attentes sociales de démocratisation et de
développement.
Il sagit donc, sur une longue échéance,
dévaluer le comportement des entreprises, des organes de
régulation et des entités de la société civile
en ce qui concerne lexercice des droits du citoyen en la matière.
De cette évaluation devrait, après concertation avec les
parties intéressées, découler des propositions de
réorientation des politiques de régulation pour une meilleure
protection des droits du citoyen en matière daccès
à des services publics de qualité.
Profa. Dra. Vera de Silva Telles, Socióloga,
docente do Departamento de Sociologia da USP e coordenadora executiva
do projeto de cooperação internacional Cidade e Cidadania
(CNPq-IRD) ao qual o presente projeto se vincula.
Prof. Dr. Carlos Alberto Bello, Economista, doutor em Sociologia
pela Universidade de São Paulo e docente da Escola de Sociologia
Política de São Paulo; elaborou tese de doutoramento sobre
a primeira agências reguladora brasileira (o Cade Conselho
Administrativo de Defesa Econômica), voltada à regulação
do poder econômico (direito antitruste) e vem realizando pesquisa
sobre agências reguladoras e, sobretudo, em contato estreito com
o Instituto de Defesa do Consumidor IDEC, sobre as atuais reconfigurações
do campo político da concepção e exercício
dos direitos de cidadania.

6°) L'impact de la globalisation sur les
droits de l'Homme - 1:
Ielbo Marcus Lobo de Souza et Rodrigo Gonzalez
Descrição e delimitação da pesquisa.
A globalização, no contexto do pós-guerra fria, produziu
impactos substanciais no campo dos direitos humanos, nos níveis
nacional, subregional, regional e global. Com os olhos voltados mais especificamente
para a América Latina, incluindo o Mercosul, esta pesquisa estudará
o impacto da globalização sob as perspectivas a seguir discriminadas:
- Globalização, direitos humanos e gênero na América
Latina: A proposta visa examinar as consequências que a globalização
trouxe sobre a maneira de pensar a cultura, a linguagem, a arte e o
próprio conhecimento para redefinir as relações
entre homens e mulheres na família, na política, na sociedade,
avaliando-se as mudanças e principais repercussões na
formulação de políticas públicas que objetivam
a inclusão da mulher e de suas demandas no âmbito das relações
jurídicas;
- Globalização, direitos humanos e democracia na América
Latina: Tendo como pressuposto a concepção de que a defesa
dos direitos humanos conecta-se diretamente ao exercício democrático,
procura-se primeiramente investigar como a população,
em especial a parcela mais pobre, tem exercido seus direitos civis,
políticos e sociais num mundo globalizado que impõe restrições
cada vez maiores aos países latino-americanos. Num segundo momento,
serão estudadas medidas que favoreçam as condições
de exercício dos direitos de cidadania dos indivíduos;
- Globalização, desenvolvimento e efetividade do sistema
interamericano de proteção dos direitos humanos: Este
estudo objetiva identificar como o sistema interamericano tem reagido
a duas questões fundamentais: 1) a tensão entre a busca
crescente de reconhecimento e aplicação dos direitos humanos
e a fragilização dos Estados, particularmente os Estados
latino-americanos, no contexto da globalização; 2) a relação
entre a universalização dos direitos humanos (como um
efeito da globalização) e o relativismo cultural.
A linha de pesquisa proposta será desenvolvida no
âmbito do Núcleo de Direitos Humanos e Cidadania da Universidade
do Vale do Rio dos Sinos - Unisinos, que congrega acadêmicos, pesquisadores
e docentes envolvidos em projetos de pesquisa e ações diversas
na área de direitos humanos.
Directeurs de la Recherche:
Prof. Dr. Ielbo Marcus Lobo de Souza, Directeur de la Faculté
de Droitde l'UNISINOS
Prof. Dr. Rodrigo Gonzalez (UNISINOS)

7°) Transferts de technologiepour une utilisation
durable de la biodiversité: cooperation internationale et instruments
juridiques.
Cristiane Derani; Collaborateurs: José Augusto Fontoura Costa (Unisantos),
Ana Virgínia Moreira Gomes (Unisantos)
A Convenção sobre Diversidade Biológica
assinada no Rio de Janeiro em 1992 trouxe uma série de consequências
para os países signatários. Um ponto importante tratado
por este documento internacional é o da transferência de
tecnologia, especialmente da biotecnologia, entre os países desenvolvidos
e os países em desenvolvimento.
O fluxo de conhecimento é uma marca no atual estágio
de desenvolvimento das relações produtivas no mercado globalizado.
Trata-se aqui de um conhecimento especificamente relacionado com a diversidade
biológica, sua compreensão e sua apropriação.
Há um duplo fluxo: Um que sai dos países detentores de biodiversidade
e se direciona a países onde se localizam interessados na exploração
da diversidade biológica aproveitando-se de um conhecimento tradicional
associado a ela. Outro que sai de países desenvolvidos como contrapartida
pela obtenção de biodiversidade e o conhecimento tradicional
associado, voltado à melhoria da qualidade de vida e da produção.
São dois tipos de tecnologia e com duas utilidades distintas.
A diversidade biológica é um patrimônio
precioso da humanidade e o homem deve aprender a utilizá-la de
uma maneira adequada para não destruí-la. Deve também
cuidar para que os benefícios oriundos de sua exploração
sejam satisfatoriamente distribuidos. Busca-se, com a pesquisa, uma compreensão
da organização e motivação do fluxo de tecnologia
em vista da construção do desenvolvimento sustentável.
Procura-se analisar o peso dos países na identificação
e escolha da melhor tecnologia, assim como na participação
da sociedade civil.
A pesquisa dirige-se aos quadros normativos existentes na
Comunidade Européia, Mercosul, no direito Brasileiro e Internacional,
naquilo que diz respeito à proteção da biodiversidade
e à transferência de tecnologia, visando a ampliar as relações
entre norte e sul dentro de parâmetros equitativos visando ao desenvolvimento
sustentável. O objetivo final é o de discutir a governança
em relação às ações políticas
para o estabelecimento deste relacionamento, bem como definir os espaços
participativos da sociedade civil, para que possa efetivamente influir
e garantir o uso adequado de um patrimônio comum, salvaguardando-se
os direitos das comunidades locais.
Prof. Dr. Cristiane Derani (SP), Directrice de la
Recherche
Prof. Dr. José Augusto Fontoura Costa (Unisantos)
Prof. Dr. Ana Virgínia Moreira Gomes (Unisantos)

8°) L'impact de la globalisation sur les
droits de l'Homme - 2:
Marcela Gutiérrez Quevedo; Collaborateurs: Angela Santamaria;Cielo
Mariño
Dans un scénario de globalisation juridique le paradigme
de droit moderne représenté par des concepts comme l'abstraction,
l'universalité, l'unité de la raison et la sécurité
juridique, connaît une crise théorique qui exige de nouveaux
paradigmes scientifiques pour penser á la pratique juridique. Ces
nouveaux paradigmes donnent la possibilité á de nouveaux
modéles explicatifs autour des concepts comme: les subjectivités
multiples, le pluralisme des rationalités, la complexité
et le retour á la société civile.
Dans ce contexte, il est important de développer
des recherches qui explorent de nouveaux espaces sociaux du juridique
comme les systémes de justice des peuples indigénes. Pour
cette raison, le CIPC de l'Université Externado de Colombia, développe
des recherches sur les pratiques juridiques transculturelles en Colombie,
dans le cadre du pluralisme juridique.
Méthodologie
Il s'agit de faire une reconstruction des cas paradigmatiques sur les
violations des droits humains en Colombie, et l'émergence des pratiques
de résistance culturelle et civile, et la consolidation des formes
alternatives de résoudre les conflicts des peuples indigénes.
Cette recherche prétend se développer dans le scénario
des interlégalités et de la flexibilité du droit
et des pratiques juridiques et culturelles dans un contexte de guerre
totale.
Axes de recherche
Études de cas sur le déplacement indigéne forcé
par la violence et l'émergence des pratiques culturelles de résistance
(CAUCA-Colombie) - Études de cas sur la justice indigéne
et les formes alternatives de solution des conflicts internes (Peuple
Wuayú: Alta Guajira-Colombie) - Études de cas sur les processus
de juridisation et l ´attention des institutions des enfants indigénes
hors du conflict armé (Cauca, Chocó et Alta Guajira-Colombie)
Techniques
Entretiens non-structurés avec les autorités traditionnelles
des peuples indigénes et les leaders sociaux du pays -Entretiens
structurés avec les experts, académiques, les avocats et
les fonctionnaires publiques -Analyse des documents (loies et jurisprudence)
-Ateliers de travail dans les régions avec les organisations sociales
Prof. Dr. Marcela Gutiérrez Quevedo: Pluralisme
juridique chez les wayuu en Colombie, Directrice de la Recherche;
Angela Santamaria, Les pratiques de guerre, le déplacement
par la violence et l ´émergence des pratiques de résistance
culturelle des peuples indigénes colombiens;
Cielo Mariño, Les droits des enfants indigénes dans
le conflict interne armé et la critique des processus de juridisation.
|
|