REPÈRES
- BACHOFEN Blaise, BERNARDI Bruno (dir.), Rousseau, politique et esthétique. Sur la Lettre à d'Alembert
- BESSY Christian, DELPEUCH Thierry, PÉLISSE Jérôme (dir.), Droit et régulations des activités économiques : perspectives sociologiques et institutionnalistes
- BOUDON Julien, Le frein et la balance. Études de droit constitutionnel américain
- CAPELLER Wanda, Relire Giddens. Entre sociologie et politique
- CARDOZO Benjamin Nathan, La nature de la décision judiciaire
- CASTELLI Bernard, HOURS Bernard (dir.), Enjeux épistémologiques et idéologiques de la globalisation pour les sciences sociales
- HAMON Françis, TROPER Michel, Droit constitutionnel
- KERVÉGAN Jean-François, Que faire de Carl Schmitt ?
- LE ROY Étienne, La terre de l'autre. Une anthropologie des régimes d'appropriation foncière
- LEVI-STRAUSS Claude, Lezioni giapponesi. Tre riflessioni su antropologia e modernità
- Observatoire international des prisons (OIP), Les conditions de détention en France en 2011.
- PAHUJA Sundhava, Decolonising International Law : Development, Economic Growth and the Politics of Universality
- SACRISTE Guillaume, La République des constitutionnalistes (1870-1914)
- SCHWARZ Germano (ed.), Juridicização das esferas sociais e fragmentação do direito na sociedade contemporânea
- TUSSEAU Guillaume, Jeremy Bentham : la guerre des mots
1. BACHOFEN Blaise, BERNARDI Bruno (dir.), Rousseau, politique et esthétique. Sur la Lettre à d'Alembert, Lyon, Presses universitaires de l'ENS, 2011, 256 p. (coll. "La croisée des chemins"). ISBN : 2847883061
Ouvrage issu d'un colloque co-organisé par le CPJP.
Lorsque l'article Genève paraît dans l'Encyclopédie, Rousseau publie une Lettre à d'Alembert sur son article Genève, réponse foisonnante et virulente qui traite aussi bien du clergé, des moeurs, de l'honneur, des lois, que des spectacles ou des divertissements qui conviennent au peuple genevois. Pourquoi prend-il ces questions tellement à coeur ?
En dépit de ses origines genevoises revendiquées, on ne lui a pas confié la rédaction de l'article. D'Alembert, en s'en chargeant personnellement, sait qu'il attise une polémique. Son Discours préliminaire de l'Encyclopédie visait déjà à réfuter le Discours sur les sciences et les arts. L'article sur Genève présente la cité calviniste comme un exemple de liberté politique et religieuse mais critique des restes d'obscurantisme que la lumière philosophique doit dissiper : il suggère des réformes, notamment la levée de l'interdiction d'un théâtre permanent.
D'Alembert imagine ce qu'il nomme une "cité philosophe", où fleuriraient à la fois la liberté de la république et les raffinements culturels des grandes monarchies. Or ce projet résume tout ce que Rousseau, depuis le premier Discours, dénonce comme une illusion. Sa Lettre approfondit la démonstration : le théâtre comme école de l'hypocrisie, le bel esprit, la civilité telle qu'on la conçoit à Paris sont inconciliables avec les moeurs de véritables citoyens.
Ses thèses sur les spectacles ne sont qu'un aspect de sa réflexion sur la modernité : à quelles conditions la république est-elle possible ? Comment lier adéquatement morale, esthétique et politique ?
Les études réunies dans ce volume éclairent les enjeux et les logiques complexes d'un texte que son auteur, alors malade et croyant vivre ses derniers jours, a rédigé comme s'il devait s'agir de son testament philosophique.
(Présentation de l'éditeur)
2. BESSY Christian, DELPEUCH Thierry, PÉLISSE Jérôme (dir.), Droit et régulations des activités économiques : perspectives sociologiques et institutionnalistes, Paris, LGDJ-Lextenso, 2011, 358 p. (coll. "Droit et Société. Recherches et Travaux"). ISBN : 978-2-275-02857-6
La crise financière et économique mondiale de la fin des années 2000 a reposé avec acuité la question de la régulation des activités économiques. Une idée s’est imposée alors avec force selon laquelle seul le volontarisme politique, par l’intermédiaire de réformes juridiques encadrant les marchés et les comportements économiques, y mettrait fin. Cependant, les réflexions sur la place du droit par rapport aux activités économiques présupposent le plus souvent un rapport d’extériorité entre droit et économie, que cet ouvrage se propose d’interroger. Les contributions qu’il réunit vise à éclairer les mécanismes par lesquels le droit contribue à réguler les activités économiques mais aussi, inversement, à comprendre la manière dont les activités économiques, et les organisations qui les portent, configurent tout autant le droit qu’elles sont configurées par lui. S’appuyant sur des travaux sociologiques et des approches institutionnalistes en économie, principalement américains et français, qu’il cherche à faire dialoguer, ce livre élabore et illustre un modèle dynamique rendant compte du processus d’endogénéisation du droit dans les activités économiques.
Dans de tels processus d’apprentissage, les « intermédiaires du droit » jouent un rôle clé dans la mesure où ils assurent la continuité entre la légalité formelle et différents autres registres normatifs, et construisent les supports, dispositifs et équipements juridiques de l’action économique. Retrouvant une approche par les instruments de l’action publique développée aussi bien par l’économie des conventions, que dans une veine foucaldienne travaillée par les politistes et les sociologues du droit, l’ouvrage analyse ainsi les dimensions instrumentées, instrumentales et éventuellement instrumentalisées des régulations juridiques de l'action économique.
Les coordinateurs : Christian BESSY, Thierry DELPEUCH, Jérôme PÉLISSE.
Les auteurs : Antoine BERNARD DE RAYMOND, Christian BESSY, Ulrik BRANDES, Francis CHATEAURAYNAUD, Ève CHIAPELLO, Thierry DELPEUCH, Claude DIDRY, Lauren B. EDELMAN, Olivier FAVEREAU, Thierry KIRAT, Emmanuel LAZEGA, Marc LENGLET, Frédéric MARTY, Karim MEDJAD, Sabine MONTAGNE, Lise MOUNIER, Jérôme PÉLISSE, Alessandro STANZIANI, Robin STRYKER, Mark C. SUCHMAN, Didier TORNY, Margarita VASSILEVA, Caroline VINCENSINI.
(Présentation par l'éditeur)
3. BOUDON Julien, Le frein et la balance. Études de droit constitutionnel américain, Paris, Mare & Martin, 2010, 402 p. (Droit & Science Politique). ISBN : 978-2-84934-073-8
Le droit constitutionnel américain reste mal connu en France. Ce constat est d'autant plus étonnant que les États-Unis et la France ont été les premiers pays au monde à rédiger une Constitution et à adopter la forme républicaine de gouvernement. Le présent ouvrage, voulant remédier à cette carence, aborde quelques thèmes cruciaux du constitutionnalisme libéral tel qu'il est né à la fin du XVIIIe siècle.
Ses quatre chapitres permettent de mieux appréhender les enjeux politiques et juridiques qui agitent la première puissance mondiale. Il y est question de la désignation ô combien médiatique du Président des États-Unis, notamment de la dernière en date, celle de Barack Obama en 2008 ; de la procédure d'impeachment qui vise à destituer les gouvernants les plus éminents, ainsi que les Présidents Richard Nixon et Bill Clinton en ont fait l'amère expérience ; de la révision constitutionnelle qui est à ce point difficile à réaliser que le texte suprême adopté par la convention de Philadelphie en 1787 a été amendé à la marge : on compte autant de révisions constitutionnelles aux États-Unis depuis deux siècles qu'en France depuis cinquante ans et les débuts de la Ve République. Le chapitre final apporte un éclairage exhaustif sur la pierre angulaire du droit constitutionnel contemporain, la séparation des pouvoirs. Où on s'apercevra, à rebours d'une idée commune, que le régime politique américain ne peut être qualifié à coup sûr et définitivement de « présidentiel ».
Julien Boudon, agrégé des facultés de droit, est professeur de droit public à l'université de Reims. Il y enseigne le droit constitutionnel, notamment le droit constitutionnel américain. Il est l'auteur de Les Jacobins (LGDJ) et, avec Stéphane Rials, des Textes constitutionnels étrangers (PUF, « Que sais-je ? »).
(Présentation par l'éditeur)
4. CAPELLER Wanda (Préface de Jacques COMMAILLE), Relire Giddens. Entre sociologie et politique, Paris, LGDJ-Lextenso, 2011, 215 p. (coll. Droit et société). ISBN : 978-2275036663
Anthony Giddens, auteur de plus de 40 livres, connu universellement et traduit dans plus de 30 langues, est parti de la sociologie pour s'inscrire profondément dans la vie politique mondiale. Sa sociologie post-structuraliste et constructiviste se révèle propre à indiquer de nouveaux cadres d'interprétation tant pour les sociologues que les politistes et les juristes. Sa théorie de la structuration présente notamment un appareil conceptuel inédit permettant d'aller au delà des grands principes qui ont guidé le travail théorique des scientifiques du social depuis plus d'un siècle et demi.
En montrant l'importance du renouvellement d'une pensée sociologique inséparable de l'approche politique, Relire Giddens permet de dépasser les dichotomies traditionnelles en sciences sociales et politiques, notamment celle du structuralisme et de l'actionnisme, et celle de la gauche et de la droite ; de confronter sa pensée à celle de quelques grands penseurs français, Foucault, Bourdieu, Boudon ; de comprendre comment nous nous trouvons dans une étape de modernité avancée ; d'envisager de nouvelles politiques de vie, de nouvelles formes de gouvernance.
Ce livre s'adresse aux étudiants et chercheurs en sciences sociales, politiques et juridiques, ainsi qu'à tous ceux qui se sentent concernés par les questions d'un renouvellement de l'action politique, et jusqu'aux problèmes concernant les risques, notamment ceux liés au changement climatique.
Wanda Capeller est docteur en droit (HDR en sociologie), Professeur des Universités à l'Institut d'Études Politiques de Toulouse, Honorary Fellow de l'Institute for Socio-Legal Studies, et de l'Institute for Legal Studies de l'Université du Wisconsin (Madison, USA), chercheuse au Centre de Théorie et Analyse du Droit (Université de Paris X - Nanterre), Membre du Comité éditorial de plusieurs revues internationales, Membre de la Commission des droits de l'homme de l'Ordre des Avocats du Brésil. Elle est l'auteur de nombreux livres et articles en diverses langues. Ses travaux portent sur l'épistémologie des sciences sociales, la structuration du juridique, la globalisation du crime et du contrôle, les espaces surveillés et les nouvelles stratégies transnationales de contrôle.
(Présentation de l'éditeur)
5. CARDOZO Benjamin Nathan, La nature de la décision judiciaire, traduction et présentation par Gwenaële CALVES, Paris, Dalloz, 2011, 122 p. (collection "Rivages du droit"). ISBN : 978-2-247-10333-1
Paru en 1921, La nature de la décision judiciaire est un classique de la pensée juridique américaine.
Benjamin Nathan Cardozo (1870-1938), grand juge de Common law, s'y interroge sur son activité quotidienne : " Que fais-je lorsque je tranche un litige ? Quelles sont les sources d'information vers lesquelles je me tourne pour guider mon jugement ? ". Pour " dire le droit " au cas par cas, le juge dépeint par Cardozo doit toujours choisir et interpréter la règle applicable au litige. Mais il peut aussi être amené à la créer lui-même.
A quel titre exerce-t-il un tel pouvoir ? Que connaît-il de l'intérêt général, ou des nouveaux besoins de la société ? A ces questions qui se posent dans toutes les démocraties contemporaines, La nature de la décision judiciaire apporte une réponse à la fois savante, subtile et engagée.
(Présentation de l'éditeur)
6. CASTELLI Bernard, HOURS Bernard (dir.), Enjeux épistémologiques et idéologiques de la globalisation pour les sciences sociales, Paris, L'Harmattan, 2011, 302 p. (coll. Questions contemporaines - Globalisation et sciences sociales). ISBN : 978-2-296-56312-4
Quels défis pose aujourd'hui la globalisation aux sciences sociales ? Des phénomènes en partie inédits, des processus complexes se développent que les anciens outils ne parviennent pas à maîtriser. Voici une réflexion sur la pertinence des outils et des savoirs en matière de crise, de gouvernance, d'acteur et de genre.
Cet ouvrage s'interroge sur les défis posés aujourd'hui par la globalisation aux sciences sociales. Des phénomènes en partie inédits, des processus complexes se développent que les anciens outils ne parviennent pas à maîtriser. Leur perception s'en trouve non seulement bouleversée mais aussi la totalité des champs de production des connaissances. Des objets et des acteurs nouveaux apparaissent dans ces mutations tandis que d'anciens s'effacent, révélant des enjeux épistémologiques et idéologiques importants autour de la lecture des rapports sociaux contemporains par les diverses disciplines.
Loin de constituer un compendium convenu de diagnostics consensuels ou de critiques radicales de la globalisation, les analyses présentées ici invitent à réfléchir sur la pertinence des outils et des savoirs accumulés dans quatre topiques de recherche au cœur même des évolutions globales contemporaines: crise, gouvernance, acteur et genre.
(Présentation de l'éditeur)
7. HAMON Françis, TROPER Michel, Droit constitutionnel (32e édition), Paris, LGDJ, 2011, 905 p. (coll. "Manuels"). ISBN : 978-2-275-03652-6
Cet ouvrage est la 32e édition d'un manuel commencé par Georges Burdeau et considéré depuis longtemps comme un classique, tant en raison de sa largeur de vues que de la précision des analyses juridiques.
Il a été considérablement refondu par Francis Hamon et Michel Troper pour tenir compte des changements du droit positif et de l'évolution de la théorie constitutionnelle. Les auteurs se sont efforcés de donner une présentation claire et synthétique des grands principes du droit constitutionnel et des institutions politiques des principaux pays du monde, et en particulier de la France. L'accent est mis sur les idées qui structurent les systèmes politiques et permettent d'en éclairer les détails, comme d'en comprendre le fonctionnement. Ce manuel s'adresse non seulement aux étudiants en droit, mais aussi à toutes les personnes désireuses d'actualiser ou d'approfondir leurs connaissances en droit constitutionnel.
Francis Hamon est professeur émérite de la Faculté Jean Monnet (Université de Paris XI).
Michel Troper est professeur émérite de l'Université de Paris-X Nanterre.
(Présentation de l'éditeur)
8. KERVÉGAN Jean-François, Que faire de Carl Schmitt ?, Paris, Gallimard, 2011, 328 p. ISBN : 978-2-07-013541-7
L'affaire est entendue, et Karl Jaspers l'a résumée : Cari Schmitt fait partie avec Heidegger de "ces professeurs [...] qui ont tenté de prendre intellectuellement la tête du mouvement national-socialiste".
Depuis lors, nonobstant, des contradicteurs distingués, Strauss, Löwith, Peterson, Kojève, Blumenberg, Habermas, Derrida..., ont discuté âprement ses thèses, souvent pour les rejeter, comme il en va avec tous les classiques intéressants, de Platon à Wittgenstein. Aussi l'heure est-elle venue de "partir de Cari Schmitt", au double sens de reformuler des questions essentielles à partir de certains de ses travaux et de lui donner congé lorsqu'il ne nous aide plus à penser.
Certains de ses concepts (le nomos de la terre, la constitution comme décision "existentielle"...) ou des concepts sur lesquels il a apposé son empreinte (le pouvoir constituant, l'Etat de droit "bourgeois") éclairent différemment des questions telles que le rapport entre décision et rationalité ; l'enracinement des normes juridiques dans les institutions ; le statut de l'ordre constitutionnel et ses présuppositions ; les effets pervers du retour de la morale en politique internationale (droits de l'homme et démocratie forment-ils le couple uni que l'opinion dominante nous décrit ?).
Mais cette fécondité se heurte à une limite fondamentale : Schmitt est plus efficace pour penser des ruptures et des instaurations que pour décrire le fonctionnement normal de l'ordre juridique établi. A jamais, il demeure un penseur du dissentiment.
(Présentation de l'éditeur)
9. LE ROY, Étienne, La terre de l'autre. Une anthropologie des régimes d'appropriation foncière, Paris, LGDJ-Lextenso, 2011, 441 p. (coll. "Droit et Société"). ISBN : 978-2-275-03777-6
La constitution d’une anthropologie du droit, avec ses mutations internes depuis le début des années 1960, s’est particulièrement appuyée sur l’observation des politiques et des pratiques foncières à l’échelle de la planète, l’Afrique noire ayant été longtemps privilégiée.
Au fil de micro-découvertes qui ont ponctué près de cinquante ans de recherches, un cadre théorique nouveau, susceptible d’assurer la sécurité foncière dans un contexte de développement durable, s’est ainsi progressivement consolidé.
Il repose sur une relecture des droits fonciers et fruitiers selon la nature des représentations d’espaces considérées puis il renouvelle l’analyse de la juridicité des terres détenues « en communs » pour ensuite examiner les conditions d’apparition et de généralisation des régimes de propriété privée. La prise en compte de leurs limites et de leurs contradictions conduit alors à proposer la gestion patrimoniale comme le cadre institutionnel pertinent pour le monde nouveau qui s’ouvre devant nous.
Pour cela, il a fallu penser la sûreté des hommes et de leurs biens en privilégiant la complexité, le pluralisme, la « soutenabilité » et le changement pérenne comme contraintes propres à la reproduction de nos sociétés contemporaines.
Étienne Le Roy est professeur émérite d’anthropologie du droit à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où il a dirigé le Laboratoire d’Anthropologie Juridique de Paris de 1988 à 2007 et le DEA d’études africaines, puis le master d’anthropologie du droit. Docteur en Ethnologie (Université Paris 7) et en Droit (Faculté de droit et des sciences économiques de Paris), il a réalisé sur des terrains africains, européens et américains une observation participante et une expertise des pratiques juridiques en privilégiant deux domaines, la justice et les politiques foncières.
Après Le jeu des lois, une anthropologie « dynamique » du droit (LGDJ, Paris, 1999) et Les Africains et l’Institution de la Justice (Dalloz, Paris, 2004), la présente publication s’appuie sur les multiples textes (ouvrages, articles, études et rapports) qu’il a consacrés au « foncier » comme fait social total et qui ont contribué au renouvellement d’une approche anthropologique et à la reconnaissance d’une expertise française à l’échelle internationale.
(Présentation de l'éditeur)
10. LEVI-STRAUSS Claude, Lezioni giapponesi. Tre riflessioni su antropologia e modernità (Introducción y traducción de Lorenzo SCILLITANI , “Prólogo” de Salvatore ABBRUZZESE), Rubbertino Editore, Catanzaro, 2010, 148 p. ISBN : 978-8849828023
Excelente iniciativa la de Lorenzo Scillitani, de traducir unos trabajos de Claude Lévi-Strauss al italiano, de sumo interés para la Antropología, la Historia social, el Derecho comparado y la Francia de la separacion del Estado y de las Iglesias, que está a punto –según Lévi-Strauss– de convertirse en musulmana.
Salvatore Abbruzzese señala que Claude Lévi-Strauss (1908-2009) tenía una deuda con la sociología de Emile Durkheim, influido a su vez en gran medida por la ciencia positiva de la segunda mitad del siglo XX, que consideraba la cultura como fundamental en las creencias y valores, a partir de los cuales cada sujeto haría una interpretación particular del universo cultural de la sociedad de la que era parte (p. 8). Con Durkheim la sociedad estaba considerada como autoridad moral, la sede en virtud de la cual cada sujeto habría elaborado sus principios y valores y en base a los cuales cada uno sería reconocido o rechazado del grupo al cual aspiraba a formar parte. En definitiva, a través del análisis de Durkheim la cultura no se presentaría sólo como una superestructura. En realidad, el análisis sociológico de Durkheim habría sido decisivo en lo relativo a su reflexión sobre los fenómenos religiosos. Por otro lado, la sociología positivista de Durkheim se enmarcaba en la perspectiva evolucionista ya trazada por Comte. Además, cuando Lévi-Strauss divulgó su pensamiento hacía ya cuatro décadas de la publicación del texto de Emile Durkheim sobre Les formes élémentaires de la vie religieuse, y el panorama había cambiado.
Lorenzo Scillitani destaca que la relectura de las Lezioni giapponesi tiene aún hoy “extrema actualidad” (p. 26). En realidad, el autor de esta obra se adelantó a su tiempo. De hecho, ha tratado cuestiones de Bioética, planteadas desde el punto de vista de la Antropología. Lévi-Strauss ha sido un autor que ha hecho época, y ha creado escuela, en la historia del pensamiento occidental contemporáneo y está considerado como el padre de la antropología estructural. Lévi-Strauss ha señalado que «Francia está en proceso de hacerse musulmana» (p. 48). De hecho, Lévi-Strauss ha propuesto la apertura de las fronteras francesas a un amplio número de inmigrantes musulmanes (p. 51), si bien tampoco ha olvidado las religiones como el budismo y el cristianismo.
En la primera lección (pp. 63-91), Lévi-Strauss ha ofrecido un análisis, haciendo numerosas referencias al modo de vida y a la cultura japonesas, sobre la ciencia y la técnica que, consideraba, había ampliado prodigiosamente nuestro conocimiento sobre el mundo físico y biológico. Todo ello sin menospreciar el progreso de la Medicina, que había hecho posible un incremento de la población mundial (p. 64). La primera ambición de la antropología, señalaba este autor, era conseguir la objetividad. A continuación concluye que la antropología se presentaba como una ciencia nueva, nacida de la curiosidad del hombre moderno (p. 82). Haciendo referencia a la época de Motoori, los japoneses tenían sólo conocimiento directo o indirecto de China o de Corea, pero con el Renacimiento el universo humano se circunscribió al ámbito del Mediterráneo. Con el humanismo burgués del siglo XIX, la antropología dio lugar a un humanismo propiamente universal. Claude Lévi-Strauss ha destacado que en la Francia del siglo XIX, el filósofo Auguste Comte formulaba una ley de la evolución humana que distinguía tres etapas por las que habría pasado la humanidad: una religiosa, una metafísica y, en tercer lugar, una positiva y científica (p. 87). Destacaba como probable que el hombre elaborase culturas diferentes en virtud de la distancia geográfica, de las características particulares y del ambiente en que se encontrase.
En la segunda lección (pp. 93-121), analizaba las relaciones de pertenencia o no al grupo. Ha destacado que la sociedad consideraba el parentesco como anterior y exterior a la relación biológica (como la filiación de sangre). Analizando esta cuestión hacía referencia a países como Estados Unidos, Australia, Inglaterra, Bélgica, Holanda, Suecia, Brasil, Japón, Sudán, etc. Las nuevas técnicas de procreación asistida, como la fecundación in vitro, han sido posibles gracias al progreso de la biología y han supuesto notables cambios y transformaciones en el pensamiento contemporáneo. Incluso contemplaba la posibilidad de la inseminación post mortem, a pesar de que los tribunales franceses la prohibían. En cuanto a la actividad económica ha destacado el autor que la sociedad humana ha llevado a cabo comportamientos muy heterogéneos. En efecto, no ha existido un modelo único de actividad económica, sino más de uno. En realidad, la agricultura, en muchos aspectos, ha representado un progreso, en la medida en que ha posibilitado una expansión demográfica (p. 105). También analiza los problemas de la industrialización de los países subdesarrollados. Para el antropólogo, las religiones han constituido un amplio repertorio de representación que, bajo la forma de mitos y de ritos, se han combinado de muy diversas formas.
En la tercera lección (pp. 123-148) ha señalado que «según la teoría evolucionista, la desigualdad de la cultura no tendría un origen biológico, sino histórico» (p. 123). Durante todo el siglo XIX y la primera mitad del siglo XX se ha cuestionado la influencia de la raza en la cultura. Por otro lado, los antropólogos han sustituido la noción de “raza” por la de “stock genético” (pp. 125-126). Además, la evolución humana no se ha podido considerar un subproducto de la evolución biológica, sino como algo completamente distinto. El evolucionismo, que ha dominado el pensamiento occidental, ha constituido un intento directo de reducir la diversidad de la cultura (pp. 133-134). [Recibido el 25 de diciembre de 2010].
(Guillermo Hierrezuelo Conde)
11. Observatoire international des prisons (OIP), Les conditions de détention en France en 2011. Rapport OIP, Paris, La Découverte, janvier 2012, 336 p. (Hors collection social). ISBN : 9782707159090.
A l'heure où la question de la prévention et de la répression de la délinquance et du crime s'est installée au cœur du débat public, la radiographie de l'univers carcéral français réalisée par l'OIP n'est pas seulement une initiative citoyenne salutaire, elle constitue une véritable démarche d'utilité publique. En retraçant les évolutions des politiques pénales et pénitentiaires au cours de la période 2005-2011, dans toutes leurs nuances et contradictions, ce rapport permet à chacun de connaître l'usage qui est fait de l'emprisonnement et la réalité de ce qui se passe derrière les murs de nos prisons.
Alors même que l'institution pénitentiaire fait l'objet d'une remise en cause permanente sur sa capacitéà respecter l'État de droit et les droits de l'homme, le nombre de personnes incarcérées atteint des niveaux historiques et les plans de construction de nouvelles prisons se succèdent.
Au terme d'un long processus d'élaboration, la loi pénitentiaire de novembre 2009 n'a finalement pas apporté d'avancée majeure dans la reconnaissance de droits visant à protéger la personne détenue. Elle vient même entériner certaines régressions, telle la mise en place de « régimes différenciés ». Quant à l'injonction paradoxale faite au juge de systématiser la réponse « prison » (peines plancher) et de transformer les courtes peines d'emprisonnement en surveillance électronique, elle s'est accompagnée d'un tournant législatif qui ajoute à des peines de plus en plus longues des mesures de sûreté pour les auteurs d'infractions les plus graves, sur la base d'une évaluation de la « dangerosité» hasardeuse et artisanale.
(Présentation de l'éditeur)
12. PAHUJA Sundhava, Decolonising International Law : Development, Economic Growth and the Politics of Universality, 2011, 318 p. (coll. "Cambridge Studies in International and Comparative Law" ; no. 86). ISBN : 9780521199032
The universal promise of contemporary international law has long inspired countries of the Global South to use it as an important field of contestation over global inequality. Taking three central examples, Sundhya Pahuja argues that this promise has been subsumed within a universal claim for a particular way of life by the idea of 'development'. As the horizon of the promised transformation and concomitant equality has receded ever further, international law has legitimised an ever-increasing sphere of intervention in the Third World. The post-war wave of decolonisation ended in the creation of the developmental nation-state, the claim to permanent sovereignty over natural resources in the 1950s and 1960s was transformed into the protection of foreign investors, and the promotion of the rule of international law in the early 1990s has brought about the rise of the rule of law as a development strategy in the present day.
(Présentation de l'éditeur)
13. SACRISTE Guillaume, La République des constitutionnalistes (1870-1914)
Professeurs de droit et légitimation de l'État en France (1870-1914), Paris, Presses de Science Po, 2011. ISBN-13 978-2-7246-1234-9
Les cours constitutionnelles se sont affirmées comme les garantes des valeurs fondamentales de nos démocraties modernes, même en France où, malgré une tradition peu favorable à la justice constitutionnelle, le Conseil constitutionnel est parvenu à s'imposer comme un acteur politique central. L'un des protagonistes de cette montée en puissance, le constitutionnaliste lui-même, passe en général inaperçu.
Cet ouvrage retrace l'invention du constitutionnaliste, ce professeur de droit spécialiste des constitutions politiques qui apparaît en France à la fin du XIXe siècle en même temps que la République naissante. Il démontre combien ces professeurs ont joué un rôle crucial dans l'avènement du nouveau régime, dans sa consolidation et ses remises en cause, et analyse les tensions permanentes entre droit et politique émaillant la création du corpus constitutionnel au fondement juridique de notre système politique actuel.
Ce faisant, Guillaume Sacriste révèle un pan essentiel, et pourtant oublié,
de l'histoire juridique et constitutionnelle de la France.
Guillaume Sacriste est maître de conférences en science politique à l'Université de Paris-I (Panthéon-Sorbonne) et chercheur au Centre européen de sociologie et de science Politique de la Sorbonne. Il a récemment publié avec Norbert Foulquier, Le Droit de la Troisième République, de Raymond Saleilles (Dalloz, 2010).
(Présentation de l'éditeur)
14. SCHWARZ Germano (ed.), Juridicização das esferas sociais e fragmentação do direito na sociedade contemporânea, Porto Alegre, Livraria do advogago editora, 2012, 285 p. ISBN: 857348771
As comunicações incessantes estabelecidas entre os autores para a consecução do livro (re)criaram seu sentido original e primário – de todos e de cada um –, (re)organizando-o por meio de suas próprias premissas e decisões posteriores. O conjunto de textos permite um novo olhar para a observação de um Direito da Sociedade. Autopoiese!
(Présentation de l'éditeur)
15. TUSSEAU Guillaume, Jeremy Bentham : la guerre des mots, Paris, Dalloz, 2011, 185 p. (coll. Les sens du droit. Essai). ISBN : 978-2247114030
Homme des Lumières européennes, penseur prolixe, contestataire virulent de la classe politique de son temps, fondateur de l'école utilitariste qui prescrit au gouvernement de réaliser le bonheur de la population, Jeremy Bentham livre son autoportrait. Il n'a eu de cesse de combattre ces fictions qui faisaient obstacle à la réforme politique ; les fictions du droit n'ayant pour autre but que d'abuser la majorité de la population, en légitimant les pouvoirs en place et en enrichissant des castes parasitaires. La réalisation du plus grand bonheur du plus grand nombre ne peut se contenter de démystifier l'utilisation aliénante des fictions par les différentes cliques qui monopolisent le pouvoir. Puisque celles-ci s'avèrent intrinsèquement liées au langage lui-même, il est nécessaire d'en élucider le fonctionnement, et la manière dont elles vicient le raisonnement. La théorie des fictions de Bentham jette les fondements de la théorie analytique des concepts juridiques et annonce les réflexions du XXe siècle. Elle préside ensuite, sur le plan politique, à l'établissement d'une démocratie radicale sans exemple à l'époque. Son organe central n'est autre qu'une fiction à la puissance démesurée : le Tribunal de l'opinion publique, assurant efficacement la soumission constante des minorités dirigeantes à l'ensemble de la population. Cet ouvrage reconstruit la trajectoire de Bentham, en soulignant à quel point son oeuvre peut être comprise comme une guerre des mots paradoxale, une lutte intellectuelle et politiquequi doit au langage aussi bien sa cible que ses armes.
En quatre chapitres (I. Les fictions du jusnaturalisme, obstacles à la délibération politique rationnelle ; II. Les fictions du common lawyer, instruments de la tromperie ; III. La théorie benthamienne des fictions, clé de l'intelligence du droit ; IV. La substitution des fictions, coeur du réformisme radical), il retrace l'effort systématique de dénonciation et d'élucidation que livre Bentham, et expose l'ampleur de la reconstruction et de la réforme que celui-ci envisage.
Guillaume Tusseau, agrégé de droit public et membre de l'Institut universitaire de France, professeur des Universités à l'École de droit de Sciences Po et membre du Centre Bentham.
(Présentation de l'éditeur)
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