Section 1 — Congrès, Colloques, Rencontres
Centre d’Étude et de Recherche sur la Théorie de l’État
(CERTE). Programme de recherche 1993-1997, Montpellier.
Thème : « Les transformations de la sphère publique ».
Groupe 1 : « Les transformations de l’État » ; groupe
2 : « Les transformations de la sphère administrative et la
puissance publique » ; groupe 3 : « Les citoyennetés
et nouvelles modalités de socialité ».
Renseignements : Michel Miaille, Faculté de droit, 39 rue de l’Université,
34060 Montpellier cedex.
Tél. 67 61 54 57 ou 67 61 54 29 ; Fax 67 60 32 19.
Italian Sociological Association / Institute of International
Sociology of Gorizia / World Futures Studies Federation, in collaboration
with Italian National Research Council. 3rd International Summer
School, Gorizia (Italie), 5-17 septembre 1994.
Thème : « The problems of the New Europe. Future studies, simulations
and scenarios for Europe.
Renseignements : Institute of International Sociology of Gorizia
(ISIG), via Mazzini 13, 34170 Gorizia, Italie.
Tél. I-481 - 533632-32580 ; Fax I-481 - 532094.
Università Cattolica del Sacro Cuore, 64e Corso di
aggiornamento culturale, Bergamo, 14-18 septembre 1994.
Thème : « La famiglia, quale idea, quale politica ».
Renseignements : Segreteria del Corso di aggiornamento, Università
Cattolica del Sacro Cuore, Via Sant’Agnese 2, 20123 Milano, Italie.
Tél. 02/7234-2816 ; Fax 02/7234-2827.
Centre de Recherches Critiques sur le Droit (Université
Jean Monnet, Saint-Etienne / CNRS). Forum, Saint-Etienne (Maison des
avocats), 4 octobre 1994.
Thème : « Recherches sur la justice ».
Renseignements : Madame Boniteau, CERCRID, 35 rue du 11 novembre,
F-42100 Saint-Etienne.
Tél. 77 42 16 69.
Centre d’Étude et de Recherche sur la Théorie de l’État
(CERTE) / Société française pour la Philosophie et la Théorie politiques
et juridiques (SFPJ). Colloque, Montpellier, 7-8 octobre 1994.
Thème : « Changement et droit ».
Renseignements : Michel Miaille, CERTE, Faculté de droit, 39 rue
de l’Université, F-34060 Montpellier cedex.
Tél. 67 61 54 57/67 61 54 29 ; Fax 67 60 32 19.
Università degli Studi di Roma « La Sapienza »,
Facoltà di Sociologia. Congrès italo-russe, Rome, 27-29 octobre 1994.
Thème : « Società e istituzioni russe : quale transizione,
quali paradigmi alle soglie del terzo millennio ».
Renseignements : A. Della Seta, M. De Luca et R. Bettini, Cáttedra
di Sociologia del Diritto, Via Salaria 113, 00198 Roma, Italie.
Tél. 8548895 / 88327066 ; Fax 8552631.
Ligue Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples
(LADHP). Colloque international, Tunis, 3-4 novembre 1994.
Thème : « Les droits de l’homme et la transition démocratique
en Afrique ».
Renseignements : Béchir Khalfallah, LADHP, 10 rue Sambre et Meuse,
F-75010 Paris.
Tél. 42 49 53 55 ; Fax 42 49 17 22.
Association Française d’Anthropologie du Droit (AFAD).
1er Congrès, Paris, École Nationale de la Magistrature / Institut des
Hautes Études sur la Justice, 24-26 novembre 1994.
Thème : « Le juge. Approches anthropologiques d’une figure d’autorité ».
Renseignements : Melle Noret, Université de Paris XI, Faculté de
Droit, service de la formation continue, 57 boulevard Desgranges, 92330
Sceaux.
Tél. 40 91 18 20 ; Fax 40 91 18 24.
Socio-Legal Studies Association (SLSA). Annual Conference,
University of Leeds, 27-29 mars 1995.
Thème : « Value and Commitment in Diversity ».
Renseignements : Adam Crawford, David Wall, Faculty of Law, University
of Leeds, Leeds LS2 9JT, Grande-Bretagne.
Tél. [44] (0)532 335045/335023 ; Fax [44] (0)532 335056.
International Association for Philosophy of Law and Social
Philosophy. 17th IVR World Congress, Bologne (Italie), 16-21 juin
1995.
Thème : « Challenges to Law at the End of the 20th Century ».
Sessions principales : « Rights and other legal protections ;
New forms of sovereignty and citizenship ; New and ancient sources
of law ; Law, technology and the environment ».
Renseignements : Enrico Pattaro, Centro Interdipartimentale di Ricerca
in Filosofia del Diritto e Informatica Giuridica « H. Kelsen »
dell’Università degli Studi di Bologna (CIRFID), Via Zamboni 27/29, I-40126
Bologna, Italie.
Tél. [39] (0)51 228207/261062/225176 ; Fax [39] (0)51 260782.
Research Committee on Sociology of Law of the
International Sociological Association. Congrès, Kobe (Japon), 1-4
août 1995.
Thème : « Legal Culture : Encounters and Transformations ».
Renseignements : Prof. Shozo Ota, Faculty of Law, University of Tokyo,
7-3-1 Hongo, Bunkyo-ku, Tokyo 113, Japon.
Fax : 81-3-3816-7375.
ou : Prof. Shiro Kashimura, Faculty of Law,
Kobe University, 2-1 Rokkodaicho, Nada-ku, Kobe 657, Japon.
Fax : 81-78-802-3614.
Section 2 — Nouvelles de l’étranger
BELGIQUE
L’Université libre de Bruxelles (ULB) annonce la vacance externe à la
Faculté de Droit, à partir du 1er octobre 1994, d’un poste de chargé de
cours à temps plein titulaire d’une chaire internationale dans le domaine
des disciplines métajuridiques.
Le titulaire de cette chaire se verra confier le cours de Sociologie juridique
(30 h), enseignement obligatoire de 2e année (1er cycle) et celui de Théorie
du droit (30 h), enseignement obligatoire de 5e année (2e cycle).
En outre le titulaire dispensera un enseignement de 3e cycle dans un domaine
à convenir avec la Faculté et éventuellement en concertation avec d’autres
Facultés, Écoles ou Instituts.
Enfin, le titulaire se verra confier des recherches dans le domaine des
matières métajuridiques et, le cas échéant, la direction de thèses.
L’objectif de la Faculté de Droit de l’ULB consiste à développer l’enseignement
et la recherche dans le champ de la sociologie, de l’anthropologie et
de l’épistémologie juridiques, ainsi que la réflexion sur le phénomène
juridique.
L’énumération des branches évoquées ci-dessus n’est donc pas limitative.
Les candidats devront maîtriser une ou plusieurs des disciplines mentionnées.
Ils fourniront un curriculum vitae de haut niveau international.
Tout renseignement peut être obtenu auprès de M. Léon INGBER, Doyen de
la Faculté de Droit, 50 avenue F.D. Roosevelt, C.P. 137, 1050 Bruxelles,
Belgique (Tél. 02/650 39 39).
Les demandes des candidats doivent parvenir à Madame le Recteur, 50
avenue F.D. Roosevelt, B-1050 Bruxelles, accompagnées d’un curriculum
vitae avant le 30 septembre 1994.
BRESIL
Manifestations scientifiques :
XVe Congresso da Ordem dos Advogados do Brasil, Foz do Iguaçu (Brésil),
4-8 septembre 1994.
Encontro Brasileiro de Direito e Psicanálise, Curitiba (Brésil),
26-29 octobre 1994.
SUISSE
(De notre correspondant Jean-François Perrin)
Bilan et perspectives de recherche en sociologie juridique *
I. Mise en œuvre de l’obligation de coordination en matière
d’environnement et d’aménagement du territoire **
Le droit de l’aménagement et de l’environnement, au sens large de l’ensemble
des textes régissant la matière, pose le problème de la gestion d’une
réalité complexe au moyen de dispositions non nécessairement harmonisées
entre elles, susceptibles, fréquemment, de se superposer, voire de se
contredire ; des questions délicates se posent ainsi aux administrations
qui doivent mettre en œuvre les instruments complexes et toujours difficiles
que sont la coordination formelle, la coordination matérielle,
et la pesée d’intérêts.
Dans une jurisprudence qui s’est développée ces dernières années, le Tribunal
fédéral suisse a établi un certain nombre de principes applicables à de
telles situations, ainsi l’exigence d’une décision de première instance
unique, et d’une pesée des intérêts à effectuer le plus tôt possible ;
les procédures doivent être coordonnées et les exigences matérielles appréciées
comme un tout cohérent. S’agissant de la coordination formelle, tout en
marquant sa préférence pour le modèle de la procédure directrice,
le Tribunal laisse aux cantons le choix entre plusieurs solutions.
L’objectif de la recherche est de voir comment il a été répondu
par les cantons à ces exigences jurisprudentielles, ceci, dans un premier
temps, par l’analyse des dispositions prises sur les plans législatif,
réglementaire et opératif, puis, principalement, par l’examen approfondi
de décisions significatives de première instance, dans la perspective
d’une contribution à la réflexion sur l’amélioration de l’efficacité et
de la cohérence des politiques publiques.
L’étude de cas où une coordination a été nécessaire vise à retracer le
plus précisément possible la manière dont, au cours du processus administratif,
la décision a pris corps, et d’établir à quels moments, par qui, et comment,
des actes impliquant coordination — aux différents sens indiqués ci-dessus
— se font ; l’analyse d’un dossier doit ainsi documenter, pièce par
pièce, le moment et les modalités de la détermination, et de la pesée,
des intérêts pris en compte, le mode de coordination appliqué et l’agencement
des rapports entre les différents services.
Après l’analyse approfondie de la jurisprudence du Tribunal fédéral, le
relevé des modes d’organisation que se sont donnés les cantons, et de
nombreux entretiens avec des acteurs et usagers du droit, la recherche
s’est tournée vers son objet principal, à savoir l’analyse en profondeur
des dossiers.
Ces derniers ont été mis à disposition par les administrations cantonales,
mais aussi par des organismes tiers ; ils se présentent sous des
formes et en des états très variables.
Une grille d’analyse a été mise au point, permettant de faire apparaître
les articulations principales et les argumentations employées dans le
processus décisionnel.
Les dossiers proviennent de l’ensemble des cantons romands ; la recherche
a été étendue dès le début 1994 à des cantons de Suisse alémanique. Actuellement
sont à l’étude des dossiers concernant des gravières, des terrains de
golf, des projets de parking ; divers dossiers concernent des routes
de contournement, ainsi que des installations d’intérêt public.
Il en résultera une typologie qui pourra être interrogée par thème,
mais aussi par canton. Enfin, la recherche pourra déboucher sur des propositions
d’optimisation et de simplification.
Au stade actuel il est tout à fait prématuré de présenter des hypothèses
même provisoires. Il apparaît toutefois que la concertation en phase
de pré-procédure et la recherche de la négociation entre les différentes
parties soit la caractéristique dominante de la gestion de dossiers complexes,
gestion marquée par ailleurs par le contexte politique (faire aboutir
les projets) et scientifique (gérer avec peu de moyens une situation incertaine).
La formation, et la position, des responsables de la coordination joue
également un rôle certain.
Le Séminaire de Crans est directement ancré dans la problématique
de la recherche. En 1993, il a été consacré à la mise en évidence des
différents niveaux de complexité rencontrés dans le droit de l’environnement
et de l’aménagement (complexité due à la matière elle-même et à ses incertitudes,
aux nombreux intérêts en présence, aux procédures et modes d’organisation
choisis, etc.) et à une première discussion de possibilités de simplification
(voir texte spécifique).
Le Séminaire 1994 portera sur les modalités et la faisabilité de
la pesée globale des intérêts. En effet, si les règles de coordination
matérielle sont bien fixées, leur respect n’est nullement assuré, la comparaison
des intérêts en présence comportant des imprécisions et difficultés méthodologiques
évidentes, et les autorités politiques étant d’abord soucieuses de faire
aboutir leurs projets par des voies pragmatiques, plutôt que de parvenir
à peser en fonction d’une méthodologie rationnelle et à froid les intérêts
en présence.
Dans le débat scientifique et politique sur la mise en œuvre du droit
de l’aménagement et de l’environnement, on s’est parfois demandé si la
complexité des situations qui se présentent était encore gérable avec
les instruments disponibles, ou si elle ne nécessitait pas des instruments
nouveaux, ne conduira pas à l’exigence d’un pilotage global, ou ne risquait
pas de pousser au développement de l’arbitraire, drapé dans une extrême
scientificité.
Parallèlement des démarches sont actuellement entreprises, dans des perspectives
non dépourvues d’ambiguïté, pour introduire des simplifications dans le
droit de l’aménagement et de l’environnement (citons à titre d’exemple
le projet de modification de la LAT mis en consultation en automne 1993
par le DFJP ou les travaux du Contrôle administratif du Conseil fédéral).
Dans ces conditions le fait de documenter avec précision comment les cantons
font face aux exigences légales et jurisprudentielles imposées à leurs
administrations acquiert une actualité toute particulière, et permettra
de fournir à cet égard des références factuelles importantes.
René LONGET
II. Politiques en matière de stupéfiants
Durant l’année 1992-1993, le CETEL a engagé plusieurs initiatives concernant
les politiques en matière de stupéfiants, en particulier dans le domaine
des législations et de leur mise en œuvre.
a) Les politiques législatives en matière de stupéfiants et leur mise
en œuvre
Un programme de recherche sur les politiques publiques en matière de stupéfiants
(usage en particulier) a été initié, en collaboration avec de nombreux
partenaires européens.
La première phase, de pré-recherche, a porté sur les motivations des choix
législatifs, sur la comparaison des dispositifs actuellement en œuvre
et sur les problèmes de méthodologie concernant la possibilité d’une évaluation
des politiques en vigueur.
Deux études interdisciplinaires sur les politiques développées en Europe
ont été menées.
b) Étude comparative sur les politiques législatives en matière de
prévention des toxicomanies en Europe
Cette étude a été menée sous la direction de M.L. Cesoni, dans cinq pays :
France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas et Suisse. Elle a été financée
par la Commission des Communautés Européennes (DG V) pour ce qui est des
pays de la CE, et par l’Office fédéral de la santé publique pour la Suisse.
Elle a duré un an et s’est terminée avec un séminaire de trois jours en
septembre 1992 (cf. Notice CETEL n° 31). Le rapport final est en cours
de publication conjointe dans la série « Travaux CETEL »
et dans le Bulletin du Centre national de documentation sur les toxicomanies
(Lyon). Ces textes seront publiés aux Éditions Synthélabo (Paris) durant
le premier semestre 1994.
L’étude met en évidence les principaux facteurs qui semblent avoir influencé
les choix et qui pourraient expliquer les oscillations des approches,
répressive et médicale, constatées au niveau tant législatif que des pratiques.
Elle affronte les problèmes posés par l’évaluation de politiques composées
de normes si différentes, prévoyant à la fois des interventions répressives
et thérapeutiques.
• Les législations et leur mise en œuvre
La comparaison de l’évolution des législations nationales concernant l’usage
et/ou la détention de stupéfiants met en évidence une certaine synchronie,
qui peut être en relation avec l’évolution du droit international en matière
de stupéfiants.
Bien que les données concernant l’évolution des usages de produits stupéfiants
soient imprécises, une comparaison des chiffres avancés pour la consommation
d’héroïne dans les différents pays permet de constater que l’interdiction
de la détention et/ou de l’usage précède partout (à l’éventuelle exception
de la Grande-Bretagne) la diffusion significative de l’héroïno-dépendance.
Cela conduit à émettre l’hypothèse que le phénomène de consommation d’héroïne
que nous connaissons à l’heure actuelle s’est développé indépendamment
de la législation. Celle-ci a, par contre, été parfois modifiée à cause
de l’évolution du phénomène.
Les politiques en vigueur oscillent partout, dans le temps, entre l’approche
médicale et l’approche répressive, alors que les « toxicomanes »
font l’objet en même temps de mesures répressives et médico-sociales.
La superposition de ces normes contrastées produit de nombreux effets
négatifs pour les usagers, effets dont plusieurs consistent en une atteinte
à leur santé.
Relativement aux motivations de l’adoption des normes en matière d’usage
de stupéfiants, les finalités de santé publique sont très effacées. Une
série de motivations opposées se reproduisent, égales à elles-mêmes, pour
justifier chaque oscillation entre répression et soins ; en particulier,
le choix répressif n’est jamais vraiment motivé.
On peut par contre identifier dans tous les pays étudiés la même série
de facteurs qui ont contribué à déterminer les choix politiques :
la prédominance de l’ordre médical, la diffusion de la consommation dans
des milieux plus visibles, les nécessités de reproduction de l’ordre social
et celles des institutions spécialisées, les intérêts économiques de l’industrie
pharmaceutique, les intérêts liés aux carrières politiques et aux échéances
électorales, l’émergence du sida, en représentent les principaux, avec
le poids des relations internationales et du droit international.
• L’évaluation
L’imbrication des interventions pénales et médico-sociales et les effets
négatifs qui en découlent, ainsi que les objectifs différents, voire divergents,
de ces interventions, rendent particulièrement difficile une évaluation.
Car, en effet, par rapport à quelles finalités législatives et politiques
faut-il évaluer ? Comment identifier les effets et les relier à l’une
ou l’autre intervention en établissant une relation de causalité ?
Le manque de connaissances globales des différentes populations d’usagers
et des activités développées par les acteurs qui appliquent les normes
juridiques nécessite par ailleurs d’être comblé, si l’on veut d’une part
connaître la vraie portée des normes en vigueur et identifier d’autre
part les effets prétendus de ces normes, avant de les évaluer.
Quelques conditions ont été définies pour progresser vers une activité
d’évaluation :
— toute évaluation, notamment comparative, devra être précédée par une
définition consensuelle des concepts et des indicateurs à utiliser et
la mise en place de dispositifs d’observation ;
— afin de définir le champ d’évaluation, il sera nécessaire d’effectuer
des choix concernant : les buts, l’objet et l’échelle de l’évaluation ;
le niveau des normes à évaluer et les objectifs à leur attribuer ;
— une évaluation globale paraît difficilement envisageable ; il faudrait
par conséquent privilégier des indicateurs aptes à produire une connaissance
qualitative des usagers, des usages et des produits. Cette démarche permettrait
de situer les utilisateurs de stupéfiants dans un contexte de vie autre
que celui des prisons ou des centres de soins spécialisés.
Il serait ainsi possible de mieux cerner les liens multiples qui lient
les utilisateurs à leurs produits et de déceler les impacts que certaines
prévisions normatives et/ou actions publiques, répressives ou médico-sociales,
ont pu avoir sur certains comportements ou conditions de vie.
Il serait opportun de développer des recherches ponctuelles en profondeur,
de type ethnographique, concernant des populations spécifiques d’usagers
et ayant pour objet les modifications de leurs comportements. Elles devraient
être effectuées « en grappe » pour permettre une comparaison
des résultats. L’étude a aussi pris en considération le domaine de l’analyse
économique, pour suggérer le développement d’études de type « public
choice ».
En définitive, la finalité des évaluations devrait être d’évaluer la compatibilité
entre les politiques répressives et les politiques de santé publique.
c) Étude sur la politique législative suisse en matière de prévention
des toxicomanies
Sur mandat de l’OFSP, une étude plus approfondie concernant les politiques
en matière de prévention de l’usage de stupéfiants en Suisse a été menée
sous la direction de M.L. Cesoni et Ch.-N. Robert. Le groupe de travail,
interdisciplinaire, était composé de :
— Pierre-Yves Aubert, Infor-Jeunes, Bureau d’information sociale
(BIS) ;
— Maria Luisa Cesoni, CETEL, Faculté de droit, Université de Genève ;
— Yves Fricker, Département de sociologie, Faculté des sciences économiques
et sociales, Université de Genève ;
— Miranda Liniger, Département de droit pénal, Université de Genève ;
— Jean-Louis Martin, Institut universitaire de médecine légale, Genève ;
— Georges Peters, Institut de pharmacologie, Faculté de médecine,
Université de Lausanne ;
— Christian-Nils Robert, CETEL — Département de droit pénal, Université
de Genève ;
— Alain Schoenenberger, Eco’diagnostic, Genève ;
— Stefano Spinelli, Faculté des sciences économiques et sociales,
Université de Genève.
Le rapport final, rédigé en octobre 1993, comprend une réflexion générale
et des annexes thématiques.
Dans sa première partie, le rapport situe d’abord la Suisse dans un contexte
comparatif européen, sur la base de l’étude susmentionnée.
Il effectue ensuite un état des lieux en Suisse, concernant le processus
législatif qui a conduit à la révision de la loi fédérale sur les stupéfiants
de 1975. Il se penche sur les dispositifs répressifs, préventifs et médico-sociaux
actuellement en œuvre. Il identifie les principaux problèmes posés par
l’interaction entre les différents dispositifs et explore le domaine des
allocations publiques pour les activités liées aux stupéfiants.
Dans sa deuxième partie, le rapport développe une réflexion sur la possibilité
d’une évaluation de la loi fédérale de 1975 sur les stupéfiants et de
sa mise en œuvre.
Il souligne, d’abord, la nécessité d’approfondir les connaissances avant
de tenter une évaluation. Il est notamment nécessaire de connaître dans
les détails le fonctionnement des dispositifs de mise en œuvre de la loi,
de préférence à une échelle géographique limitée.
Il met ensuite en évidence quelques problèmes que pose un programme d’évaluation
qui affronte l’efficacité des normes et non celle des services, dont la
principale difficulté consiste à repérer des liens de causalité univoques
entre les normes et les comportements visés.
Les annexes thématiques portent sur les sujets suivants :
— la législation en matière d’usage de stupéfiants ;
— le statut légal des substances psychotropes ;
— les médias et l’opinion ;
— les dispositifs de prévention et de soin ;
— les dépenses publiques.
Le rapport devrait être diffusé, après accord de l’OFSP.
d) Enquête sur les substances psychoactives en Afrique
Cette enquête exploratoire a été menée par le CETEL (M.L. Cesoni) en collaboration
avec plusieurs organismes genevois (Institut Universitaire d’Études du
Développement [IUED], Terre des hommes) et français (Toxicomanies :
Recherches-Actions Nord-Sud [TRANS], Centre National de Documentation
sur les Toxicomanies [CNDT]), dans le cadre des travaux préparatoires
de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (cf. Notice
CETEL n° 31).
L’enquête prévoyait l’envoi de questionnaires dans les pays africains
afin de constituer un réseau d’interlocuteurs pour des échanges d’information,
de formation et de recherche dans le domaine des substances psychoactives
(usage notamment).
Elle visait aussi la récolte de quelques informations directes dans trois
secteurs :
— la consommation des substances et leur disponibilité sur les marchés
locaux ;
— les organismes spécialisés dans le suivi des usagers ou concernés
par le problème ;
— les politiques publiques mises en œuvre.
Le rapport sera publié dans le premier semestre 1994.
Les contacts, établis en passant par des organismes ou des personnes-relais
intervenant sur le terrain en Afrique, ont été de 174, dans 51 pays. Les
réponses obtenues (60) proviennent de 28 pays.
Les organismes qui ont répondu à notre questionnaire ont exprimé une forte
demande d’échanges avec les pays occidentaux, qui concernent surtout le
domaine de la prévention, des soins et des politiques publiques.
Les substances les plus utilisées varient selon les pays. Dans les observations
de nos interlocuteurs, on constate toutefois une prédominance des dérivés
du cannabis, de l’alcool et des médicaments psychotropes. L’héroïne et
la cocaïne sont apparues au cours des années 1980-1990.
Les substances traditionnelles n’ont été mentionnées que rarement. On
peut penser que l’intégration sociale de l’utilisation de ces substances
rend leur consommation moins visible, ou que cette intégration conduit
à ce qu’elles ne soient pas considérées comme « drogues ».
Les services spécialisés pour la prise en charge des usagers ayant des
problèmes semblent s’être développés surtout suite à l’apparition des
dites drogues dures. Les usagers (de toutes substances) ayant des problèmes
sont le plus souvent pris en charge dans les services psychiatriques hospitaliers.
Si plusieurs pays développent des activités d’information et de prévention,
les politiques mises en œuvre par les États africains sont, pour l’essentiel,
des politiques répressives. En effet, dans la quasi-totalité des pays
dont nous avons reçu des réponses, les usagers peuvent faire l’objet d’une
procédure pénale en raison de leur consommation.
e) Groupement de recherche « Psychotropes, politiques et société »
Une demande de création d’un groupement de recherche centré sur les substances
psychoactives a été déposée au Centre national de la recherche scientifique
français. Une décision devra être prise avant fin 1993.
M.L. Cesoni a participé à la préparation du projet, qui réunit les centres
de recherche suivants :
— Centre d’études transdisciplinaires sociologie anthropologie histoire
(CETSAH) ;
— Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions
pénales (CESDIP) ;
— Institut de recherche et d’information socio-économique - travail
et société (IRIS-TS) ;
— Groupe de recherche et d’analyse sur le social et la sociabilité
(GRASS), Université Paris VIII ;
— Centre international de recherche sur l’environnement et le développement
(CIRED) ;
— Groupe de recherche sur l’État, l’internationalisation des techniques
et le développement — Centre d’étude sur les dynamiques internationales
(GREIDT — CEDI), Université de Paris XIII ;
— Institut de recherche en épidémiologie de la pharmacodépendance
(IREP) ;
— Centre de sociologie urbaine (CSU).
Le GdR a une composition interdisciplinaire. Les axes de travail proposés
sont :
1. La construction sociale de la dépendance : approches historique
(responsable : Véronique Nahoum-Grappe), sociologique (responsables :
Alain Ehrenberger et Patrick Mignon) et économique (François-Rodolphe
Ingold).
2. Les trafics et leurs réseaux : approches ethno-sociologique
(responsables : Michel Joubert et Monique Weinberger) et économique
(responsables : Pierre Kopp, Pierre Salama et Michel Schiray).
3. Les dispositifs d’élaboration et de mise en œuvre des politiques
publiques : urbaines, sanitaires et sociales (Monique Weinberger,
Albert Ogien et Michel Joubert), approches de sociologie juridique (Claude
Faugeron) et juridique (Maria Luisa Cesoni).
Outre le développement de recherches communes, le GdR prévoit l’organisation
de séminaires de recherche thématiques, la constitution d’un fonds documentaire,
la diffusion d’une newsletter. Il est à vocation internationale :
une fois sa création décidée, il sera donc ouvert à l’adhésion de centres
de recherche non français. Le CETEL posera sa candidature en temps voulu.
Maria Luisa CESONI
III. Recherche sur la libération conditionnelle des détenus
et la réintégration des libérés
Cette recherche, inscrite au départ au programme du séminaire de droit
pénal 1991-1992, arrive à son terme. L’ouvrage qui fera la synthèse des
différents résultats de l’enquête est en voie d’achèvement et la publication
est prévue pour cette année.
Cette publication a pour ambition de cerner les profils juridique et historique
de l’institution et de recenser les dispositions légales réglant les procédures
en matière de libération conditionnelle et de réintégration dans les différents
cantons romands s’étant prêtés à l’enquête (Genève, Vaud, Neuchâtel, Fribourg
et Jura).
En outre, grâce aux autorisations accordées par les départements de justice
cantonaux, l’enquête sur le terrain a permis, par l’intermédiaire d’un
questionnaire standardisé, de relever des informations dans les dossiers
de libération conditionnelle — ou à défaut dans les protocoles de décision
de libération conditionnelle — de l’année 1990. Nous avons donc pu procéder
à l’analyse de ces décisions. Une partie non négligeable de l’ouvrage
traitera donc de la pratique même de la libération conditionnelle ;
il s’agit de l’étude de l’aspect procédural de la décision, de l’étude
de la décision elle-même et des différentes variables, individuelles ou
pénales, qui pourraient l’influencer, de l’analyse des mesures qui accompagnent
la libération conditionnelle. Chaque fois que cela s’est avéré intéressant
nous avons tenté une comparaison intercantonale — Genève et Vaud s’y prêtant
le mieux par le nombre de décisions recensées dans ces deux cantons.
Enfin, les motifs retenus à l’appui des décisions de libération conditionnelle
ont également donné lieu à une analyse approfondie.
L’ouvrage contient aussi une étude des procédures de réintégration dans
les cantons romands en 1990.
Noëlle LANGUIN
IV. Évaluation de la récupération des vapeurs d’essence
À la suite d’un entretien avec Jean-Daniel Delley sur la mise en œuvre
de l’Ordonnance sur la protection de l’air (OPAIR), un projet de recherche
a été déposé auprès de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts
et des paysages. Ce projet visait à réaliser une évaluation pluraliste
et récapitulative sur l’effectivité de l’application de l’annexe 2, chiffre
32 & 33 de l’OPAIR sur les installations de transvasements d’essence.
Ce texte cherche à prévenir la formation d’ozone de basse altitude et
limiter l’évaporation de benzène, substance cancérigène, dans l’atmosphère.
Il impose en conséquence un taux de récupération de 90 % des vapeurs
d’essences émises lors d’activités impliquant une possible évaporation
de celles-ci.
Ce thème de recherche a été accepté et un mandat nous a été confié. Sa
durée est de six mois, soit de janvier à juin 94. Cette recherche est
supervisée par M. Eric Monnier et effectuée par M. Christophe Kellerhals
et M. Yann Boggio.
Notre activité consistera à élaborer et mettre en place, en relation directe
et constante avec le système d’acteurs concernés, une structure d’évaluation
de l’impact de cette mesure. Cette structure sous-entend trois niveaux
d’organisation : une instance d’évaluation composée à part égale
de membres de chaque sphère d’activité (légitimeurs, opérateurs et public-cible)
et qui est responsable du choix des lignes d’évaluation, un maître d’ouvrage
qui assure la programmation et la coordination, et des chargés d’évaluation
qui récoltent les données en fonction des choix effectués par l’instance
d’évaluation.
Ce type d’organisation devrait permettre aux acteurs concernés, partie
prenante des conclusions de notre travail, de mieux intégrer les résultats
de cette évaluation et d’augmenter donc l’utilité de celle-ci.
Cette approche méthodologique, d’essence pluraliste, s’inspire des travaux
du Professeur E. Monnier (École Nationale des Travaux Publics de l’État,
Lyon).
Cette recherche aboutira, suite à l’étude préparatoire, à la rédaction
d’un cahier des charges, validé par un test d’évaluation in situ.
Le mandant aura ainsi connaissance non seulement de l’état d’avancement
de l’application de cette politique publique, mais aussi des difficultés
rencontrées par les acteurs concernés. Il sera alors à même de commander
l’évaluation à proprement parler.
Christophe KELLERHALS, Yann BOGGIO
V. Fait et droit en matière de crédit à la consommation
Les travaux exploratoires pour une recherche sur le thème de la pratique
en matière de crédit à la consommation ont débuté en octobre.
Les travaux sont dirigés par MM. Jean Kellerhals et Jean-François Perrin.
Y participent M. Massimo Sardi, Mmes Sandrine Tornare et Daniela Werffeli.
Les objectifs de ces travaux sont, premièrement, de saisir la pratique
contractuelle existante, sur la base de l’analyse du contenu de contrats
effectivement employés dans les relations commerciales.
Le deuxième objectif est de cerner la possibilité de compréhension que
peuvent avoir les personnes de ces contrats de crédit ainsi que leur attitude
face à la conclusion et à la validité de tels contrats d’adhésion.
Finalement, il s’agira de répertorier les différentes procédures formelles
et informelles de mise en œuvre forcée du contenu des contrats. Ce dernier
point, plus particulièrement, sera traité en parallèle avec l’organisation
d’un séminaire de formation continue sur le désendettement.
Jusqu’à présent, un certain nombre de contrats de crédit ont été récoltés
auprès des différents prédisposants : banques, grands magasins, émetteurs
de cartes de crédit ou directement auprès de consommateurs ou dans des
dossiers litigieux. Ces contrats ont été analysés du point de vue de leur
mode de conclusion, du contenu de leurs conditions générales et de l’utilisation
qui en est faite dans les relations commerciales, de façon à établir une
typologie du crédit à la consommation tel qu’il existe en pratique.
Daniela WERFFELI
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